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Au-delà des règles liées à l'établissement des officines, certaines logiques s'enlisent dans un archaïsme incompréhensible…

 

En octobre 2013, le centre commercial Aéroville a ouvert ses portes, dans l'environnement immédiat de l'aéroport Charles de Gaulle(Poissy). Un bel ensemble qui a eu un peu de mal à décoller, mais semble bénéficier aujourd'hui d'un trafic correct, et même très nourri durant les fins de semaines (ouvert le dimanche, hypermarché Auchan inclus). Sur un seul niveau*, mais avec ce que l'on pourrait appeler une "hauteur de plafond" élevée qui lui confère une atmosphère inhabituelle pour un CC, Aéroville offre une belle palette de magasins, de restaurants, de salles de cinéma… Mais, petit détail, il y a aussi une pharmacie qui, de temps en temps vend des médicaments, mais durant d'autres périodes, ne peut pas en vendre.

 

Cela à cause de décisions administratives successives et contradictoires. Cette officine était auparavant implantée dans un quartier de Tremblay-en-France (connu sous le nom de "Vieux Pays"), et a demandé son transfert dans le centre Aéroville en vue de son ouverture. Le centre est lui aussi sur le territoire de Tremblay-en-France (jadis "Tremblay-les-Gonesses"). Transfert qui a été autorisé. Mais, pépin, suite au recours engagé par une autre pharmacie située dans le cœur du village de Roissy (Roissy ville…), l'autorisation accordée a été annulée. A Aéroville on ne peut plus vendre des médicaments. Annulation contestée et à son tour annulée par une cour d'appel. A Aéroville on peut à nouveau vendre des médicaments. Et tel le balancier d'une horloge, à nouveau, décision d'un tribunal administratif qui retire l'autorisation. A Aéroville on ne peut de nouveau plus vendre des médicaments… (l'officine, il faut bien vivre, "sauve les meubles" en proposant de la parapharmacie). N'entrons pas dans les détails de cette réglementation, qui prend en compte des paramètres qui régalent les avocats, et semblent figés dans un marbre gravé à l'époque de l'Agocholine Zizine. Les textes gèrent les implantations notamment en fonction de la nécessité de ne pas priver d'accès aux remèdes les résidents locaux.

 

Aujourd'hui, donc, à Aéroville, impossible de se procurer ne serait-ce que quelques cachets d'aspirine. Migraineux, circulez…! Dans un centre où il y a foule au moins deux jours par semaine, des quantités de consommateurs qui fréquentent les lieux ne serait-ce que pour déjeuner ou dîner, et pour s'approvisionner, cette réalité ne peut qu'apparaître comme une incroyable lacune. La réglementation fait à l'évidence abstraction d'une réalité. La notion de proximité pour des résidents locaux s'est au fil des ans totalement transformée dans les habitudes que les consommateurs ont progressivement adoptées. Qu'on le veuille ou non, que l'on en soit satisfait ou aigri, la proximité en la matière n'est plus celle d'il y a 50 ans. D'ailleurs, dans ce "Vieux Pays", il n'y a pratiquement plus de commerce. Contraindre une pharmacie à n'en pas bouger, surtout quand un centre commercial majeur à proximité ouvre ses portes, revient à condamner son exploitant à baisser définitivement son rideau de fer tôt ou tard. Quant aux interprétations des tribunaux, un coup blanc, un coup noir, elles ne sont pas sans évoquer les pistes de l'aéroport, que l'on exploite dans un sens quand le vent vient de l'ouest, et dans le sens opposé quand le vent change. Mais là, c'est pour la sécurité…

 

* Caractéristique qui résulte de la proximité des pistes de l'aéroport, et même de sa situation dans l'axe des pistes 26L et 26D, d'où interdiction de créer des étages.   

 

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Tag(s) : #L'info en temps réel, #- TOUT LE COMMERCE, #- Grrr...! et cartons rouges
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