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La disparition d'Ingvar Kamprad incite à porter un regard sur une aventure dont une page pleine d'enseignements se tourne.

 

> > > Une empreinte qui va bien au-delà des univers du meuble et de la distribution restera longtemps gravée dans la mémoire collective, découlant de ce qu'a réalisé Ingvar Kamprad. Si l'entreprise mondialement connue n'est pas directement liée à l'électronique de loisirs, elle n'en est pas non plus totalement étrangère. Non seulement les consommateurs peuvent acquérir des téléviseurs (grâce à un partenariat initié avec TCL), comme de l'électroménager dans les magasins jaunes et bleus; non seulement une récente annonce était consacrée à des initiatives prises avec Sonos; non seulement on a vu arriver des produits aptes à exploiter la recharge sans fil d'équipements connectés… Mais surtout, combien de chalands ayant acquis un beau téléviseur, une chaîne stéréo ou un ordinateur ont eu recours à son mobilier pour installer le tout! Sans compter les centaines de milliers, des millions peut-être, d'étagères qui ont servi et servent encore à stocker cassettes, CD, DVD, disquettes, et même des vinyles d'hier ou d'aujourd'hui. Pour de nombreux clients, le passage dans une GSA ou GSS, rayons EGP, IT ou numérique, aura très souvent été suivi d'une étape au royaume des Billy. Toutefois, au moins quelques points liés aux concepts d'entreprises et de commerce paraissent dominer dans ces souvenirs, par ailleurs indissociables de cette épopée venue du nord.

 

Ikea est d'abord une entreprise créée par un fondateur qui avait une vision originale et pertinente sur un marché, les consommateurs et une époque. Quelque chose d'intégralement imaginé d'une manière originale, qui n'aurait répondu aux définitions d'aucune étude de marché, ne pouvant être enseignée dans aucune école. Dans ce sens, Ingvar Kamprad s'inscrit dans la lignée de ceux que nous résumons par l'expression "créateurs inspirés et charismatiques", aux côtés des Akio Morita (Sony), Steve Jobs, Thomas Edison, Georges Eastman (Kodak), etc. De ces individus remplis d'une solide conviction et d'un instinct permettant d'aller plus vite, plus loin et mieux que toute approche rationnelle développée selon les critères d'un environnement structuré.   

 

Les notions de concurrence croisée entre industrie et distribution ont volé en éclats dans cette aventure. Aujourd'hui, les distributeurs qui fabriquent comme les industriels qui distribuent sont devenus légion. Certes, dans le domaine du meuble, notamment en France, cette vision peut paraître floue. Mais si l'on tient compte des créations successives très événementielles de ses points de vente, du buzz et du trafic générés pour une clientèle venant chercher les produits maisons, la transition est saisissante. Cette vision producteur vendeur s'est développée bien avant qu'Amazon propage ses liseuses ou que les iPhone s'arrachent dans les Apple Stores.

 

Créer un concept qui ne connaît pas les frontières est une autre réussite qui mérite l'attention. Sans le moindre doute, elle résulte de la volonté d'un capitaine qui a mené son navire selon sa conviction, prenant sans doute ce qu'il estimait utile des avis de ses collaborateurs, mais restant fidèle à sa bonne idée. A Nantes, à Barcelone, à Hanovre, à Hong Kong, les magasins répondent au même concept, les produits sont globalement identiques, et tout fonctionne. Au nez et à la barbe de tous ceux qui ont tenté d'installer des enseignes dans des pays divers et ont dû faire machine arrière, même en ayant en apparence tout essayé pour s'adapter à de supposés critères locaux. Quand un concept est fort, il se plaît sous tous les horizons. Demandez chez McDonald's ce que l'on en pense.

 

Le parcours clients qui, à n'en pas douter, agace parfois, est une autre spécialité maison dont on ne peut contester la validité. Il a d'ailleurs été la source de quelques inspirations. Le nombre des ventes est toujours proportionnel au nombre des articles que les clients ont vu est une vérité imparable. Il est inutile d'investir et de financer des milliers de mètres carrés pour créer une offre de dizaines de milliers de références si les chalands n'en voient qu'une partie infime. L'inventeur d'Ikea s'est-il imprégné de ces règles que l'on ne peut que déduire du panorama maison...? En a-t-il édicté du même tonneau...? On peut l'imaginer.

 

Trop de prélèvements ? Salut, bye bye…! Une sorte de réalité internationale fait enfin figure de fil conducteur dans la démarche d'Ingvar Kamprad qui a, pour lui et sa famille, adopté des attitudes fort pragmatiques sur une planète dont les limites sont à moins de 24 heures de vol ! Sur dans ce monde ou, en dépit de difficultés qui par endroits subsistent, la libre circulation des êtres et des idées progresse, les frontières mettent en évidence des conditions de vie différentes pour les individus comme pour les entreprises. Le fondateur, né en Suède en 1926, a émigré au Danemark en 1963 pour des raisons fiscales limpides, puis s'est installé en Suisse avec sa famille en 1975, avant de retourner en Suède en 2014, lorsqu'il a pris sa retraite, à 72 ans (tout en restant un éminent et influent membre du "board"), l'âge limite réglementaire aux Pays Bas pour les dirigeants, terre où est installé le siège de l'entreprise. Un jour sans doute, et à la lumière de ce genre d'expériences, certains responsables nationaux comprendront que leur mission est davantage de créer des cadres attractifs et concurrentiels que de courir après ceux qui fuient certains excès confiscatoires. 

 

Il reste que le monde d'Ikea n'est pas un monde parfait, loin s'en faut. Ingvar Kamprad n'a certainement pas fait un sans-faute absolu. Mais à l'heure de sa disparition, ne convient-il pas de retenir quelques facettes positives qui, dans de telles circonstances, méritent d'être mises en lumière.

 

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Tag(s) : #L'info en temps réel, #- TOUT LE COMMERCE
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