Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

L'indépendance a cessé d'être pénalisante…

Edito, par Yves Dupré

 

> > > - Suivant la coutume, lorsqu'un millésime s'efface pour laisser la place à une année nouvelle, le moment est venu de regarder ce qui a changé au cours des douze mois écoulés. Nombreux seront ceux qui évoqueront l'iPhone X, le lutte entre OLED et QLED, la montée en puissance (quoi que relative) du commerce en ligne), l'effet du vendredi fou, etc...

 

A cette interrogation, et pour le monde du commerce, ou plus exactement celui des "commerçants", 2017 aura été l'année de la disparition, ô combien heureuse, de ce tristement fameux RSI, Régime Social des Indépendants. Ce dispositif de protection sociale qui n'était pas seulement celui des commerçants, mais de toutes les professions que l'on peut résumer par "non salariées", avait un (au moins) côté autant archaïque qu'injuste en comparaison avec ce dont bénéficient, le verbe n'a rien d'excessif, tous ceux relevant du "régime général".

 

Cette suppression est, au-delà de ce point précis, une étape dans l'histoire du commerce et des individus qui en font leur gagne-pain. Elle survient à un moment où "la vieille école" a largement régressé. Cette "école" était celle des commerçants dits "en nom propre". Une formule aujourd'hui presque désuète (même si elle reste choisie par certains) qui a pourtant concerné des milliers d'acteurs de cette branche, dont nombreux sont encore ceux qui en vivent les aspects les moins glorieux. Les professionnels qui ont débuté leur carrière à la fin des années 60 ou encore à l'aube des années 70 ont en effet vécu à une époque où s'installer en créant une société, voire le passage d'un établissement existant d'un statut d'individuel à celui d'une SARL ou SA était assez peu fréquent. L'entreprise, c'était l'individu. Pour en avoir connu beaucoup, sachez que les grands spécialistes "classiques" de l'EGP furent nombreux à vivre sous cette condition de personne physique, par opposition à la personne morale, selon les formules administratives que tout le monde connaît.

 

Outre que tout se mélangeait, fonds et stock avec patrimoine, bénéfices avec revenus, et donc pas toujours à l'avantage de l'exploitant, les cotisations lourdes du régime évoqué, assorties de prestations en revanche plutôt légères, n'ont permis aux personnes qui en relevaient d'engranger que de quoi recevoir en fin de carrière (c’est-à-dire maintenant pour des quantités de personnes concernées) des pensions de retraites au ras des pâquerettes. Encore faut-il ajouter que ces acteurs du commerce avaient en général travaillé sans compter leurs heures (les 35 heures en deux ou trois jours…!), souvent aidés à temps plus que complet par des épouses n'ayant au bout du compte droit à… rien.

 

Sans préjuger de ce que vont devenir les prestations passées dans le régime général, un point de non-retour particulièrement bénéfique a incontestablement été franchi. Comme il n'est pas rare de s'apercevoir que de nombreux citoyens, sans y voir le mal, oublient souvent que les professionnels du commerce exercent comme les autres leur activité pour gagner leur vie, retraite comprise, il semble que d'avoir souligné cette évolution était un impératif de circonstance.

 

- RETOUR VERS TOUTES LES INFOS -

Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :