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Avec les agences bancaires en plein naufrage, une bonne vieille ficelle pour recaser les fonds de commerce disparaît.

 

La scène se déroule dans le centre d'une grande ville française bordant la Loire, il y a au moins deux décennies. Nous sommes au début d'un mois de janvier doux comme un agneau. Dans un point de vente spécialisé en électronique grand public et en électroménager, que surmonte l'enseigne d'un réseau encore célèbre, une animation vite identifiée se décèle derrière des rideaux à demi fermés. Cet établissement est en train de vivre ses dernières heures. En clair, on débarrasse, on fait place nette...!

 

Le responsable des lieux qui, à l'extérieur, a détecté notre regard intéressé, vient nous donner quelques explications. "Nous avons de la chance concède-t-il. Nous avons vécu de très bonnes années. On a bien travaillé, bien profité, mais c'est une période qui se termine, et pour ma part, l'heure de la retraite est arrivée. On ferme...!"

Et il ajoute que, chance dans sa chance, c'est une banque qui vient installer une agence dans le fond de commerce qu'il n'a de ce fait eu aucun mal à céder.

 

Mais la perspective d'aujourd'hui est bien différente. Alors que des quantités de commerçants avaient pu durant des années voir des agences bancaires et des établissements à des services de nature similaire (caisses d'épargne, assurances...) reprendre les locaux vacants, cette possibilité devient caduque. Ce qui n'est en rien une bonne nouvelle pour tous ceux qui rêvent de réanimer le centre de nos villes moyennes dont les activités de commerce se sont déportées vers les périphéries. Cette ficelle, qui avait servi de bouée de sauvetage pour des quartiers déjà très désertés, et qui donnait des signes de faiblesse depuis quelques années, est désormais totalement épuisée. Les consommateurs ne vont plus à la banque, ils s'y connectent. Faut-il le déplorer ? Inutile, trop tard. 

 

Et donc, bien entendu, c'est la faute au numérique, à Apple, à Amazon, aux GAFA...? Pas vraiment. Car ces établissements un moment salvateurs de pas de portes ne brillaient finalement pas par leurs aptitudes à réveiller l'animation des avenues où ils étaient installés. Sans la moindre vitrine animée, avec des amplitudes horaires de bureaucrates, ils avaient même tendance à déjà plonger les quartiers dans un demi-sommeil. Mais ils ne sont pourtant pas les vrais responsables de la désaffection des centres-villes. Il serait plus juste de repenser à cette manie de l'autophobie, cet amour de l'horodateur, cette médiocre pertinence des choix d'élus pour un commerce auquel ils ne connaissent rien, bref, cette accumulation de pieds de nez à la réalité de la vie quotidienne et des usages de consommateurs. Car si la banque est dématérialisée, il n'en sera pas de même avant longtemps pour la baguette tradition, les légumes, les produits frais etc. Il resterait aujourd'hui encore et dans le futur bien des choses indigitalisables pour animer rues et avenues. Encore faut-il pouvoir y accéder et se poser pour les acquérir. 

 

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Tag(s) : #L'info en temps réel, #- TOUT LE COMMERCE
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