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Pénaliser aujourd'hui des centaines de milliers de gens qui ne peuvent résoudre aucun des problèmes soulevés, est-ce réellement utile.?

 

Bizarre, à une époque où il n'a jamais été aussi commode de communiquer, grâce en particulier aux produits qui sont dans les linéaires IT-télécoms et aux services qui les accompagnent, que ce recours à l'emmerdement du plus grand nombre.! (On nous pardonnera sans doute cette formule crue qui en accompagne quelques autres fort d'actualité). Ils vont être des cohortes à se heurter à des soucis purement matériels, pour aller travailler, s'occuper des enfants, accomplir leurs tâches professionnelles, rentrer chez eux le soir… Point commun à tous ces citoyens que la grève va gêner (sauf si c'est un fiasco) : ils ne peuvent strictement rien faire pour apporter la moindre amorce de réponse aux revendications mises en avant pour organiser cette journée d'action, qui devrait plutôt être qualifiée de journée d'inaction.

 

S'agirait-il de prévenir les décideurs en hauts lieux de ce que certains trouvent inacceptable ? Probablement pas. Entre les médias, les facebookeries, les tweets en masse et autres modes de contact, il y a longtemps que les responsables ont reçu le message. Nous ne sommes plus dans la France d'il y a 50 ans, ou d'encore avant, où la rue était l'un des rares outils de communication accessible à tous.

 

Le but est-il de donner au mouvement une représentativité supérieure au mécontentement tel qu'il est réellement ? C'est un exercice que certains maitrisent depuis longtemps. En 1968, année que l'auteur de ces lignes a vécu professionnellement, la France était paraît-il bloquée par 10 millions de grévistes. La population de l'époque suffit à déduire de ce blocage qu'il n'empêchait pas 30 millions d'actifs d'être au travail (une écrasante majorité), certes bien ennuyés, mais donc non-grévistes.

 

L'idée est peut-être de permettre à certains responsables, syndicaux par exemple et qui, c'est connu, ne font pas de politique, ou responsables politiques qui, c'est également bien connu, laissent aux corps intermédiaires toute leur aptitude à agir, de chercher à tirer vers eux un petit coin de l'impact médiatique ? Qui pourrait oser échafauder une telle hypothèse ?

 

L'objectif est-il alors, et bien plus simplement, de créer une situation telle que, à défaut d'un revolver sur la tempe, les décideurs acceptent sous la pression de remettre en question leurs projets ? Nous serions alors en présence d'une véritable forme de chantage, ou même de prise d'otages, économiques, cela va sans dire. Dans un tel scénario, il s'agirait malgré tout d'aller minoritairement à l'encontre d'une expression démocratique clairement exposée et approuvée récemment par une incontestable majorité. Ce qui reviendrait alors à un déni de démocratie, le meilleur moyen de façonner pour le futur le glissement vers des régimes plus autoritaires.

 

Une telle grève peut-elle faire avancer le schmilblick.? Pas sûr, mais elle ne fait sans doute pas davantage avancer ces valeurs démocratiques pourtant surabondantes dans les discours de notre époque. Loin de là l'idée de revenir sur le droit de grève. Mais ce moyen de protestation, qui peut être efficace et utile dans des circonstances précises, ressemble par ailleurs et de plus en plus à une pratique d'une autre époque... Moins révolutionnaire que révolue...

 

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