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Plus les ventes sont irrégulières, plus elles sont délicates à gérer.

L'édito, par Yves Dupré

 

La difficile période de l'EGP n'a rien d'une illusion. Mais elle était prévisible. D'une part parce que, comme cela a été souvent souligné dans nos colonnes, en papier ou numériques, un jour viendrait où la technique en serait arrivée à offrir au plus grand nombre un son et des images de bonne qualité ainsi qu'une aptitude à transmettre et partager le tout vite et bien. Nous y sommes, et par conséquent, il ne faut pas se voiler la face sur une réalité. L'écrasante majorité des consommateurs est satisfaite du niveau des prestations atteintes. Les progrès, qui pourront encore voir le jour, ne seront plus suffisants pour faire apparaître les relais de croissance qu'industrie et enseignes attendent comme d'autres attendent Sœur Anne, voire le messie.

 

Manque de chance, mais là encore, rien d'imprévisible, la démographie nous joue des tours. Si la population s'accroît encore en France dans de très modestes proportions, elle le fait au moins autant par l'allongement de la durée de vie que par une natalité "babyboomoïde". Un gain en longévité dont bénéficient les seniors, lesquels sont en revanche moins impétueux pour se jeter sur les nouveautés, et ont aussi tendance à consommer plus raisonnablement, autrement dit, un peu moins.

 

Difficile période pour l'EGP ? Oui, et cela commence à se savoir. Les médias économiques et grand public reprennent désormais dans leurs colonnes les échos de certains effondrements dans les ventes. C'est le cas du téléviseur, la clé de voûte du marché depuis près d'un demi-siècle. Au cours des mois récents, les volumes ont fondu pratiquement de moitié. Dure est la chute. Pourtant, les accélérations successives par l'obsolescence plutôt bien organisée des appareils d'abord cathodiques, puis non TNT, puis non TNT HD, ont semé sur le parcours des utilisateurs des petites balises dont le message perçu était : votre télé va devenir inutilisable. Alors que la durée de vie d'un téléviseur reste évaluée à une dizaine d'années (le multi équipement aidant à rapprocher les actes d'achats), ce "coup-là" leur a été (aux clients) fait au moins 3 fois (et même 3,5 fois, si vous avez bonne mémoire) en 15 ans ! Les clients jettent l'éponge, passent leur chemin.

 

Les acheteurs ne sont pas les seuls à trouver inconfortable ce rythme saccadé. En amont aussi, le travail est, en particulier pour la distribution*, alterné entre périodes d'accélération, avec pas mal d'opérations à la limite de la profitabilité, et périodes de trous d'air, pas meilleures pour les recettes. Alors que nous soulignions il y a peu le repli de l'électronique loin dans les paginations des catalogues BAL (les quelques éditions plus riches dans ce sens à l'approche des fêtes qui ne vont pas manquer de surgir ne suffiront pas à corriger cette tendance), c'est la régularité dans les bonnes ventes qui trinque. Il suffit, au gré des linéaires, de voir les replis tarifaires consentis sur des équipements récents aux prestations du haut du panier. Pour beaucoup, ce ne sont plus des promos, mais des sacrifices. On savait depuis les jupettes que les initiatives qui permettent de doper les marchés à un moment sont toujours suivies de lendemains plus austères. Il semble que la leçon n'ait pas été bien assimilée.

 

*Pour l'industrie, les choses sont un peu différentes, compte tenu du colossal phénomène de disparitions-remplacements observé au cours de la même période chez les fournisseurs.

 

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Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré

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