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Nos dirigeants n'ont plus que ce verbe à la bouche, taxer. Parmi les prochains visés par la ponction publique, les centres commerciaux !

 

Tout brillant qu'il soit, tout dynamique qu'il apparaisse, tout inspiré qu'il se revendique, notre nouveau président n'a peut-être pas choisi la meilleure méthode. Et les membres de son équipe pas davantage. De chaque décision semble surgir de quoi mécontenter toutes les catégories de citoyens et d'entreprises les unes après les autres. Sans doute jusqu'à ce qu'aucune n'ait été épargnée. Perspective qui ne sera pas longue à atteindre, au rythme où la moissonneuse fiscale voit son champ d'action s'élargir. Le Ministre de l'écologie, qui a décidé de bannir les hydrocarbures dans moins de 22 ans et 90 jours aurait, selon Le Parisien, fait part à Emmanuel Macron de son intention de taxer ceux qu'il qualifie de bétonneurs (ce qui ne semble pas être un compliment), accusés de détruire des terres agricoles. Dans le lot de ces néo-parasites de la société ainsi désignés, figurent, il fallait s'y attendre, les créateurs de centres commerciaux. Ils ne sont pas seuls, les érecteurs d'aéroports récoltant leur ration de mauvais points, tout comme ceux qui osent bâtir ce qu'il faut pour loger des gens !

 

Le sujet est vaste, d'autant que le quotidien d'Ile-de-France l'enrichit (?) d'un dossier où se mélangent des quantités de problèmes aux causes multiples. Par exemple, un élu supposé défendre les centres villes accuse la périphérie bétonnante d'avoir vidé les avenues commerçantes de leurs boutiques et de leurs clients, oubliant sans doute les effets catastrophiques des horodateurs, de zones piétonnes et de quelques chantiers de tramways qui ont, en trois ou quatre ans, mis à genoux des quartiers entiers. De surcroît, il y a dans cette offensive contre le béton une méconnaissance profonde, réelle ou simulée, d'un phénomène baptisé périurbanisation, fruit incontournable d'une évolution démographique importante. En 1945, notre pays comptait 39,6 millions d'âmes*. En 1960, alors que les créations de logements hors des villes ainsi que des commerces et services destinés à les servir commencent à peine à démarrer, les Français sont 45,5 millions*. Ceux qui ont vécu cette lointaine époque se souviennent que le problème majeur n'était pas le chômage, inexistant, mais la crise du logement, héritage des années 50 encore mal circonscrit. Le pays rassemblait pratiquement 20 millions d'habitants de moins qu'aujourd'hui (population 2017 : 64,8 millions*). Des millions d'individus qui, ne pouvant assurément pas se loger dans le périmètre des villes existantes, n'ont pu que peupler des banlieues naissantes aux abords de toutes nos métropoles grandes et moyennes.  

 

Mais au-delà de ce constat et de tout débat sur le sujet, ce qui fâche est le remède une fois de plus mis en avant.: taxer ! Manœuvre en forme de promesse de sanction à la limite du stupide, car un centre commercial en activité rapporte des recettes fiscales considérables (un aéroport aussi), bien supérieures à ce que pourrait apporter aux caisses de l'Etat cette dissuasion anti-béton. A force de sortir à toute occasion cette pré-punition fiscale comme les petits héros miteux dans les westerns de série B sortent leurs revolvers, la nouvelle équipe va finir par lasser même les plus convaincus par les réformes macronistes. Ils pourraient rapidement reprendre une formule rappelant une mélodie déjà entendue : "les taxes, comment dire.? Ras l'bol.!" N’espérerait-on pas, en présence de défis de ce genre, voir se confronter des idées à foison, plutôt que des menaces de prélèvements.?  

 

A moins, hypothèse à ne pas écarter, que le Ministre écolo déjà cité ne s'amuse à voir jusqu'où il peut pousser le bouchon… trop loin. Dans le monde politique, rien n'est jamais à écarter…

*Source INSEE

 

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