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L'accusation inévitable d'une chute face nouveaux usages connectés sera exagérée le jour éventuel du drame.

 

La poste, c'est le courrier. Depuis toujours. Et comme le souligne une publicité bien connue, tout le monde est client de La Poste, particuliers comme entreprises. Même les plus connectés des "geeks" y ont recours. Ce n'est un secret pour personne, le courrier dans sa forme traditionnelle est aujourd'hui victime d'une extraordinaire évolution des techniques. Rien ne garantit d'ailleurs que sa durée de vie soit éternelle. Les dirigeants de cet établissement public le savent. Et pour en éviter, peut-être, la disparition, ils l'engagent dans de multiples voies nouvelles dans lesquelles la rencontre avec une concurrence libérale rompue aux exigences des marchés ne rend pas les choses faciles. C'est une stratégie qui se comprend, mais qui laisse par ailleurs planer un énorme doute sur le sort que subit l'activité principale, celle du courrier. Téléphonie mobile, assurance, banque, autant de nouvelles cartes dans le jeu de l'entreprise, mais qui ne justifient pas cette sorte de sabordage méthodique et probablement suicidaire de la fonction originelle de l'établissement à laquelle on assiste.

 

En effet, on aurait pu s'attendre à ce que la Poste oppose une redoutable réplique au courrier en voie de dématérialisation. Qu'elle rende ce courrier plus rapide, que sa distribution soit améliorée, que sa collecte soit de plus en plus commode et optimisée… En résumé, n'aurait-il pas fallu faire en sorte que le service du courrier s'avère chaque jour un peu plus performant, au point de le rendre plus indispensables que jamais et surtout capable de conserver des arguments face à la concurrence numérique. C'est à l'inverse que l'on assiste depuis des années. Grâce à des pirouettes tarifaires d'un goût douteux, les clients ont vu s'allonger conjointement les prix et les délais d'acheminement de leurs missives qui, en gros vont de moins en moins vite. Le "J+1" est devenu une denrée rare, et concurrencera sans doute un jour ce brave Godot, que l'on attend. Sans se préoccuper des personnes moins jeunes, qui se meuvent donc moins facilement qu'à l'époque de leurs 20 ans, se multiplient les installations de boîtes aux lettres groupées, obligeant chaque destinataire à aller chercher ce que le facteur leur a déposé, éventuellement en bravant vent, pluie, neige ou soleil de plomb. Charitable ! Quant à la collecte, elle devient une farce qui ne fait pas rire, avec des "dernières levées" à 9 heures du matin, en clair au moment où se distribue le courrier en arrivage, privant le destinataire de toute "réponse par retour". Et allongeant de fait la vitesse d'acheminement déjà évoquée. Pour une PME, par exemple, cet outil se transforme chaque jour un peu plus en un handicap.

 

En cherchant à se sauver aussi maladroitement, La Poste favorise plutôt la migration vers les nouvelles technologies de communication, et donc sa désintégration la plus rapide possible. Il y a des drames à prévoir, car ses salariés sont encore nombreux, et il sera progressivement de plus en plus difficile de leur confier des missions économiquement équilibrées.

 

En outre, certaines de ses activités de remplacement n'ont elles mêmes qu'un avenir très incertain. Ainsi, tous les observateurs spécialistes des activités bancaires prévoient depuis des années une concurrence puissante de la part du duo numérique + télécoms, alors que déjà, les banques traditionnelles subissent les effets des changements de la société connectée. Plus de 9000 agences bancaires ont été fermées en 2016 en Europe, et les concepts de banque en ligne connaissent un succès grandissant.

 

Le comble de ce qui, tôt ou tard sera décrit comme un désastre est que La Poste, qui a mis le doigt dans un travail avec le commerce en ligne, est loin d'y être un acteur incontournable. Ne serait-ce que parce que des clients souhaitent récupérer leurs achats en ligne le samedi, les bureaux de poste n'étant au mieux ouverts que le matin de ce jour essentiel du week-end. Au fait, qui se rappelle que lors de leur installation dans des centres commerciaux, les responsables de certaines agences de cette poste ont mis des années à se convaincre qu'il était préférable de se fondre dans l'amplitude horaire des autres enseignes (et de ne plus fermer à l'heure du déjeuner…!) La question qu'inspire cette situation est laconiquement simple : La Poste est-elle pilotée par les stratèges de haut vol qu'elle mériterait ?

 

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Tag(s) : #L'info en temps réel, #- C'est un avis

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