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Le créateur de bien plus qu'une publication et d'un empire ravive les souvenirs d'une métamorphose sociétale à l'échelle de l'Occident.

 

Ce matin, il faudrait avoir un épais bandeau sur les yeux et un casque antibruit très efficace pour ne pas avoir appris le décès à 91 ans du créateur de Playboy ! Une disparition qui dépasse le seul fait de société et l'histoire de la presse magazine. Et la manie DVSMesque de tout ramener vers l'électronique grand public ne peut que se manifester une fois de plus. Mais sinon, qui le ferait ?

 

Car en créant son illustre magazine, c'est un basculement de la société occidentale qui prenait forme, mouvement interprété en France par la création de "Lui", le "magazine de l'homme moderne", (un Playboy à la française) par le groupe Filipacchi et sous la baguette de Jacques Lanzmann (également parolier fétiche de Jacques Dutron). Playboy, Lui et quelques autres sont donc arrivés.

 

La facette la plus voyante de ces apparitions en kiosques était un signe de libération des mœurs, une sorte de réponse éditorialement correcte aux seules publications scandinaves qui osaient alors proposer des revues aujourd'hui qualifiées de charme, mais qui à l'époque relevaient plutôt, au mieux, de l'expression "magazines érotiques" ou encore, un peu moins noble, "pornographiques", et bien souvent "revues de cul" en se rapprochant du comptoir du café du coin. Fine stratégie : ces canards offrant une vision colorée de créatures faiblement vêtues mélangeaient dans leur sommaires des thèmes intéressant les messieurs, donc un peu de politique si possible coquine, de la mode et... de la technique. En ces temps reculés (années 60 en France), la hi-fi naissante et la photo qui cultivait ses jeunes et bons reflex y occupant une place de choix.

Et naquirent aussi ce que toute rédaction baptise "shoppings", des objets à acheter dans une jolie mise en page et agrémentés de légendes simples, compréhensibles, vite et bien lues. La plus glorieuse de toute n'était autre que "La défonce du consommateur" (Lui), orchestrée par notre confrère Eric Colmet Daâge. Dans ces pages, l'électronique dans le vent côtoyait la mode chique, les chaussures hors pair (celles que l'on appelle toujours "pompes à fric"), les sacs cadeaux, les modèles réduits pour ferrovipathes fous et beaucoup d'autres déclencheurs de fièvres acheteuses. C'était un autre temps, celui d'un monde qui allait entrer dans une incroyable effervescence.

Hugh Hefner, c'était aussi une vision symbolique de l'Amérique, sol qui autorise les réussites astronomiques. Ce qui démontre que les grandes ascensions personnelles n'ont pas attendu l'ère du multimédia et de la vie connectée pour fleurir au Pays de l'Oncle Tom. On n'a pas les géants que l'on peut, mais ceux que l'on veut.

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Tag(s) : #L'info en temps réel

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