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Le vocabulaire utilisé sans précaution peut conduire à des fautes non de syntaxe (ou de français), mais juridiques.

Entre crime et délinquance, il y a une sérieuse nuance ! Le développement de la connexion galopante s'accompagne d'épisodes qui font frémir. Piratages, vols, attaques, escroqueries et autres méfaits en tous genres inondent la toile et tout ce qui s'y rattache. Les particuliers comme les petites et grandes entreprises, les états, les milieux politiques, personne n'est épargné. Les facettes les moins nobles du genre humain ont envahi cet espace, ce qui n'a rien d'étonnant. Il y a quelques siècles, on attaquait les diligences. Puis ce furent les fourgons blindés, après les trains postaux. Aujourd'hui, ce sont les trains de données qui se trouvent au centre de toutes les idées tordues. Et tout le monde, comme un seul homme, se contente de désigner cela par un mot : "cybercriminalité". Faux. Dans leur immense majorité, et heureusement, tous ces actes parfaitement répréhensibles ne sont pas des crimes, mais des délits. Il serait donc juste de parler de "cyberdélinquance", pour satisfaire les amoureux de la création de néologismes, délinquance tout court ou délinquance en ligne pouvant suffire. Mais où sont les différences ?

Un individu qui, à l'aide d'un revolver, tue un autre individu, commet un crime. Les assassinats,  les meurtres (ce n'est pas pareil), les viols etc. sont ce que la justice appelle des crimes, et ceux qui les commettent – donc des criminels – seront jugés en cour d'assises. Voler, escroquer, du geste adroit du pickpocket jusqu'au détournement d'un clic de l'intégralité des fonds détenus par le plus imposant établissement bancaire sont du ressort de la délinquance, et du ressort des tribunaux correctionnels. Ce qui ne rend ces actes ni moins graves, ni moins intolérables. Outre les peines encourues et la composition des tribunaux (magistrats en correctionnel, jurés issus du peuple en cour d'assises), d'autres différences apparaissent, à commencer par les délais de prescription. Dans l'ensemble, on passe de 3 ans pour les délits à 10 ans pour les crimes.

Voilà qui, cependant, ne retire nullement la possibilité d'avoir à déplorer de la véritable cybercriminalité. Utiliser Internet pour assassiner quelqu'un serait bel et bien un crime. Mais n'oublions pas notre souci, le vocabulaire. Si ce n'est pas un crime d'utiliser un mot pour un autre, c'est quand même regrettable, surtout quand la facilité de langage devient une habitude. Car, tout de même, les mots ont un sens !

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Tag(s) : #- Les mots justes

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