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Parmi tous les débats sur la modernisation de la vie démocratique qui, depuis des mois, ont inondé les médias, un thème brille étrangement par son absence.

L'édito d'Yves Dupré.

Le numérique est partout. La connexion est plus que dans l'ère du temps. Qui plus est, elle se fait obligatoire pour de plus en plus d'actes de la vie courante. Alors, comment ne pas s'étonner de l'absence tenace des outils connectés dans la vie démocratique ? En clair, quand pourra-t-on participer à un scrutin national avec son smartphone ou sa tablette ? Au moment où les taux de participation dégringolent, la question mérite d'être posée. Que surtout ne vienne pas en forme d'objection se glisser l'argument de la difficulté qu'un tel moyen présenterait pour des personnes âgées ou peu familiarisées avec les usages numériques. Ou encore la nécessité pour tout votant d'être détenteur d'un forfait de connexion. Cette précaution à double face que l'on pourrait comprendre est royalement ignorée, jugée non gênante pour de nombreuses fonctions administratives, comme au premier chef la déclaration annuelle de revenus, déjà obligatoire en ligne pour de nombreux contribuables, et pour tous d'ici deux ans tout au plus.

La difficulté technique n'est pas davantage à évoquer, qu'il s'agisse de la mise en œuvre comme de la sécurisation. Pas même le coût d'une infrastructure ne peut servir d'alibi, alors que le numérique connecté permettrai en revanche de faire l'économie de la lourde mobilisation dans des milliers de bureaux de vote, locaux scolaires ou salles de fêtes, d'équipes (souvent bénévoles) et de matériels quasi moyenâgeux destinés au recueil des bulletins et à la remontée des résultats vers le Ministère de l'Intérieur. Le vote en version connectée aurait en outre deux avantages. Le premier serait de s'affranchir de la nécessité d'organiser le scrutin un dimanche. Le second serait de donner aux inscrits la possibilité de voter où qu'ils se trouvent : chez eux, en vacances ou en déplacement en France comme à l'étranger. 

Et ce serait un moyen probablement efficace pour combattre la lassitude et le manque de motivation que certains scrutins peuvent engendrer. "Si j'avais pu voter en ligne, je ne me serais pas abstenu" affirme un inscrit qui souhaite rester anonyme, ajoutant "et encore moins avec un scrutin en ligne tenant compte du vote blanc". La pratique démocratique sera-t-elle éternellement la seule fonction de notre vie courante à la Française exclue des bienfaits du numérique par ailleurs si abondamment loués ?

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Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré

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