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Le travail sera probablement un sujet très présent dans l'actualité des prochains mois suite à l'élection d'Emmanuel Macron à la Présidence de la République. Et peut-être un motif de frictions, voire davantage.

L'édito d'Yves Dupré.

Des trois mots qui symbolisent notre république, Liberté, Egalité et Fraternité, les deux premiers ne sont peut-être pas d'une totale cohérence avec la réalité actuelle du travail. Incontestablement, le chômage massif que le pays traîne comme un boulet depuis fort longtemps apparaît comme la première des entraves à cette liberté pourtant si souvent rappelée comme essentielle, celle de pouvoir être professionnellement actif, avoir du boulot ! Elle n'est pourtant pas la seule. Cela se constate notamment dans le commerce, avec les limites imposées aux amplitudes horaires, hebdomadaires et géographiques, arbitrairement établies par des décideurs et des entités supposées représentatives. Or, une liberté ne peut-elle être réelle si elle n'est pas individuelle ? Le président qui vient d'être élu a été l'artisan d'un progrès certainement considérable en ayant amorcé le "déverrouillage" des ouvertures dominicales. Sur ce sujet, observons que dans les zones géographiques où les ouvertures sont devenues légales, elles "coincent" là où ce qui domine n'est en rien la préoccupation des consommateurs, mais l'unique souhait de ne pas avoir à travailler ce septième jour de la semaine. Malheureusement, ceux qui souhaiteraient travailler ne le peuvent pas, non à cause du chômage, mais parce que d'autres s'y opposent. Liberté ?

Egalité n'est pas un mot mieux à sa place pour ce qui concerne le travail. Ne le dissimulons pas : ce sont les régimes spéciaux qui l'écornent cruellement, avec d'un côté, des salariés qui sont à la merci des fluctuations économiques, de l'autre des professionnels que rien ne peut éloigner de la garantie d'un revenu (d'autres disent de l'emploi) qui ne disparaîtra pas et ne diminuera pas, assorti de conditions d'accès à la retraite en âge et en rémunérations propres à soulever bien des envies. Dans le commerce, si le RSI semble vivre son début de chant du cygne, nul ne sait encore comment il sera "progressivement" mis hors-jeu et surtout, si ses effets pour ceux à qui ce système a été imposé pour la quasi-totalité de leur carrière seront un jour atténués. Ce qui concerne des exploitants du commerce (et combien d'épouses !) aujourd'hui aujourd'hui devenus des "seniors", les plus jeunes ayant compris depuis longtemps qu'il est préférable de se salarier dans une petite SARL. Egalité ?

Des envolées lyriques propres aux campagnes électorales jusqu'aux facettes les plus concrètes des changements promis, ou envisagés, ou adroitement évoqués, que parfois quelques centaines de braillards bloquant le périphérique parisien suffisent à jeter aux oubliettes, la distance est immense. D'autant plus qu'une fois retrouvés les temps normaux, hors élections, les aléas de la petite politique, souvent bien petites cuisines dans très petites casseroles, reviennent au galop. Echaperons-nous cette fois à ce scénario qui érode les convictions républicaines de pas mal de nos concitoyens ?

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Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré

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