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La micro crise entre Netflix et le camp du cinéma en salle à Cannes met à nu la persistance d'une fracture toujours ouverte entre deux mondes que certains ne parviennent pas à considérer comme étant complémentaires.

Retour sur une petite histoire révélatrice, déjà évoquée sur ce blog. Elle ravive des souvenirs que l'on aurait pu croire oubliés depuis des décennies. Lorsque qu'au début des années 80 (du siècle dernier) le magnétoscope, accessoire tout jeune du salon était en pleine explosion dans les taux d'équipements, une guerre violente s'est déclarée entre le petit et le grand écran. De cette confrontation, sont nés des délais imposés à la vidéo pour la sortie en cassette des nouveaux films. Ayant beaucoup évolué, ces délais existent toujours, avec pour seule et unique finalité d'éviter la désertion des salles. Après tout, pourquoi pas. L'industrie cinématographique avait et a toujours bien le droit de réserver sa production à ses propres canaux. Mais comme toutes les prohibitions, celle-ci a eu des conséquences. Il est probable que l'envie de contourner ces délais a été un élément non négligeable, mais certes loin d'être le seul, dans l'émergence initiale de la copie illicite.

Cependant, l'apparition de l'enregistreur vidéo n'a pas été la première occasion pour l'univers du cinéma de se prémunir contre une concurrence redoutée de la part du téléviseur. D'où, dès les années 60 des dispositions, comme la non programmation de films les soirées de début de week-end (vendredi, samedi).

Aujourd'hui, la boucle semble se boucler. Hier, le cinéma ne voulait être converti en vidéo que lorsque le filon de la salle était épuisé. Aujourd'hui, pour honorer des œuvres créées par l'univers de l'image numérique, il faudrait qu'elles passent... en salle. C'est ça ou rien. Les jeunes bambins sont en général les spécialistes de ce genre de conflit bébête qu'avant les lois anti-gifles, tout parent aurait ponctué d'une petite giroflée à cinq branches enrichie d'un solide "ça suffit.!

"Même pas mal" devraient se dire les responsables de Netflix. Sur leurs écrans 4K OLED, ce qui n'est plus en rien comparable au SECAM 56 cm basse résolution d'il y a plus de 35 ans, les consommateurs ne peuvent plus voir les choses de la même manière. Netflix et ses compétiteurs ne vont pas se limiter à seulement offrir un immense congélateur d'œuvres déjà produites à consommer quand on le veut. Ils vont produire leurs propres contenus et donc entrer dans ce grand club ouvert où vont se côtoyer des créateurs multiples avec la télé, le cinéma, les plates-formes et même les individus. Il est probable que la conquête de ce nouveau monde ne s'accommodera pas d'exclusions sentant la naphtaline.

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Tag(s) : #L'info en temps réel, #- C'est un avis

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