Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les présidentielles mettent en lumière le précipice au bord duquel la construction européenne s'aventure, avec un énorme risque de plongeon dans l'inconnu. Une issue peu glorieuse qui, quelle que soit la conviction de chacun à ce sujet, risque de laisser un goût amer pour tous les citoyens du Vieux Continent, et pour l'électronique grand public en particulier...

L'Europe, comme le Titanic ? La question n'est pas inappropriée. Elle doit même être posée au moment où, déjà, comme le fier navire, elle a heurté ce qui est peut-être son iceberg assassin. Avec le Brexit, le choc frontal et fatal a peut-être déjà eu lieu, provoquant des dommages d'ores et déjà irréparables. Mais l'Union européenne poursuit sa route.

Personne n'imagine que le soubresaut provoqué par le vote des britanniques puisse à terme tout entraîner vers une fin sans retour. Pour corser la difficile analyse d'un futur peut-être plus proche qu'on l'imagine, des experts de toutes tendances développent leurs théories face aux foules qui les écoutent et s'interrogent. Pour les uns, c'est le début de la fin du monde, pour d'autres, c'est l'acte libérateur si longtemps espéré. Même si l'élection française ne conduit pas à l'Elysée un tenant (ou une tenante) de notre sortie à la française, la structure de l'Union menace bel et bien de craquer. D'autres pays peuvent en effet à tout moment provoquer ou entraîner la rupture globale. Et comme les prévisionnistes ne parviennent pas, le plus souvent, à prévoir autre chose que des scénarios non confirmés par les faits, l'heure de la navigation sans boussole a d'ores et déjà sonné.

Pour l'électronique et sa distribution, l'équation est à bien plus qu'une inconnue. Ne serait-ce qu'en fonction des conséquences d'un brexit dont nul ne sait s'il ira à son terme et dans quelles conditions. Une seule question.: qu'envisagent les firmes ayant choisi d'implanter leurs directions européennes au Royaume-Uni ? L'électronique de loisirs fut il y a bien longtemps l'un des premiers domaines où les influences de l'Union furent ressenties concrètement, et juridiquement, à l'occasion des péripéties de ce qui fut baptisé "l'Affaire Grundig-Consten".

Au début des années 60, la marque allemande était importée en France par l'entreprise des frères Consten, qui bénéficiait pour cela d'un contrat d'exclusivité. Mais un distributeur, s'appuyant sur la libre circulation des produits instituée par le marché commun (alors à seulement 6 nations) s'est lancé dans une importation qualifiée de "parallèle" des équipements Grundig, avec à la clé un tarif compétitif. L'importateur et Max Grundig ont alors fait juridiquement des pieds et des mains pour endiguer cette évolution. Sans succès.

Au contraire, l'affaire a conduit à ce que prenne place une jurisprudence toujours valide et maintes fois appliquée qui, au fil des années, a totalement fait disparaître la notion d'exclusivité pour la France (et les autres pays de l'Union). Et de ce fait, tout a progressivement été structuré d'une manière continentale, L'avènement de l'euro (simplification) et un peu la crise de 2008 (nécessité de faire des économies) n'ont fait qu'accélérer un processus inéluctable. Quel fournisseur n'est pas aujourd'hui organisé autour d'un siège européen, agrémenté de stratégies logistiques du même tonneau ?

En cas de dislocation de l'UE, c'est au détricotage de cet ensemble que le métier serait exposé, mais qui plus est, avec en toile de fond un redécoupage tarifaire lié à un retour à des parités intra-européennes fluctuantes. Le tout dans une situation dont chacun constate qu'elle est devenue assez périlleuse pour de nombreux biens techniques destinés au grand public. 

Certes, une telle configuration européenne, "pays par pays" a déjà existé, et n'avait pas en son temps empêché le Vieux Continent de vivre sa vie. Un retour en arrière, alors que les grandes phases de croissance sont désormais achevées, serait-il vécu sereinement ? Il est permis d'en douter. L'Europe a incontestablement, hors toute considération politique, engendré très prosaïquement dans de nombreux domaines des économies d'échelles, sources d'économies et donc de meilleure accessibilité pour tous. Un cheminement inverse ne peut impliquer que du renchérissement ce qui, dans l'état actuel de nos marchés, ne serait certainement pas une bonne pioche. Qu'on le veuille ou non, sur ce plan, les aspects négatifs d'une implosion de l'Union dominent largement tous les autres.

Honte alors, c'est un ferme avis, à tous ces fiers politiques qui, en plus d'un demi-siècle, n'ont pas su (y ont-ils seulement songé ?) faire aimer l'Europe par Européens. Car en général, on ne quitte pas ce que l'on aime…

RETOUR VERS TOUTES LES INFOS

Tag(s) : #L'info en temps réel, #- C'est un avis

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :