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Sagement, les opérateurs sont peut-être déjà en train de "jouer la montre" et même le calendrier, pour éviter de s'engager sur des trajectoires ruineuses.

Le numérique partout, c'est bien, à condition que le débit suive. Ce qui est loin d'être le cas, et pas seulement dans les campagnes profondes. A cela, la réponse que l'on entend promettre porte le plus souvent sur une solution miracle pour le transport des données : la fibre ! Malheureusement, cette fine verrière conductrice ne peut fonctionner que si elle arrive là où l'attend son utilisateur. En clair, pour que le pays tout entier soit connecté à l'aide de ce précieux conducteur, il faut un raccordement physique, au fond d'une tranchée ou en l'air par poteaux interposés, ce jusqu'à chaque domicile. Quand on songe qu'il a fallu des décennies, par endroits plus d'un demi siècle, pour que la fée électricité illumine la moindre longère (et que dire de l'eau courante…!), chacun voit bien qu'en termes familiers, "on n'est pas rendus". Ceux qui promettent le très haut débit pour dans 3 ou 5 ans sont soit des individus qui n'y connaissent rien, soit de fieffés menteurs. 

D'où cette tentative révélatrice de surseoir à cet inconvénient en utilisant sans plus tarder la 4G. Un peu juste techniquement, tout en étant mieux que rien... Mais très instructif sur un futur qui se dessine avec la perspective de la 5G. Il est probable que les spécialistes mi techniques, mi économes, chez les opérateurs, ont déjà fort bien senti le vent venir, et songent à ne surtout pas tomber le même piège que celui qui a entraîné la SNCF dans une situation catastrophique (et qui n'a pas fini de coûter fort cher aux contribuables). 

Pourquoi cette comparaison avec nos chemins de fer ? Parce que sous l'effet d'un total aveuglement à propos d'un futur hautement prévisible dès les années 1970, notre transporteur national a développé un... réseau à grande vitesse en plus de ses infrastructures classiques, sans tenir compte d'une part de la fulgurante croissance du parc automobile et d'autre part du réveil non moins vigoureux du transport aérien pour tous. Il y a 40 ans, ces deux évolutions majeures étaient hautement prévisibles. A l'heure présente, pour les trajets courts, bien des usagers préfèrent l'auto, et pour les traversées du pays, un coup (et coût...) d'Easyjet élimine très souvent la solution TGV. Voilà comment un opérateur peut se retrouver à la tête de réseaux inadaptés, nécessitant quand même d'être entretenus, alors que peu à peu, les usagers (ou clients) s'en détournent. Ce que veulent les acteurs du monde connecté qui, à la différence de la SNCF, sont des entreprises privées ne pouvant compter sur les contribuables pour boucher les trous, revient à éviter une pareille erreur.

En matière de débit, le temps presse. Non seulement pour que chaque individu puisse regarder tous les films qu'il souhaite sur des plateformes aguichantes, mais aussi pour que chaque contribuable puisse remplir ses obligations. Dans moins de 3 ans, tous les foyers fiscaux français devront obligatoirement faire leur déclaration annuelle via le net, cela sans même évoquer les autres tâches de la vie courante entrées dans l'ère de la connexion.  

Alors, la fibre, c'est bien beau, mais si la 5G vient d'ici 5 à 10 ans prendre efficacement le relais, que feront-ils de leurs réseaux fibrés à entretenir et dès lors seulement utiles dans les zones blanches, où la propagation hertzienne est inexistante. (Peut-être serait-il du reste plus malin de fibrer d'abord ces blanches campagnes...?) Tout cela d'autant plus que la 5G elle-même se doit de ne pas mollir sur son calendrier, car elle a déjà sur sa route un concurrent qui n'est pas à négliger : le satellite via ses "hyper-flottes".   

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