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Tout ce qui s'appelle piraterie n'en est pas forcément. Les effets conjugués de la croissance de l'équipement numérique des ménages et de l'obsolescence des systèmes et supports d'enregistrement aboutissent à des visions qu'il serait judicieux de réviser sur le plan réglementaire et juridique.

Regarder sans payer un film sur une plateforme de streaming gratuite passe pour un acte de piraterie. Et pourtant ! Les récentes évolutions de la télévision, passée en numérique puis en HD, ont expédié au musée des antiquités bon nombre de téléviseurs, ce qui a fait médiatiquement un certain bruit. On a moins parlé du magnétoscope, encore plus devenu inopérant. En effet, si se doter d'un adaptateur pour l'écran plat encore jugé récent par son propriétaire reste une solution acceptable, il n'en est pratiquement pas question pour l'enregistreur sur bande VHS. Les lecteurs d'équipements plus modernes, mais qui commencent quand même à avoir un certain âge, suivent aussi la pente d'un déclin inexorable. Le lecteur de DVD et celui du Bluray ne peuvent plus compter principalement que sur ce qui est dans la vidéothèque de l'utilisateur. Les rayons de softs, quand ils existent encore, n'incitent pas à un renouvellement. Et d'ailleurs, à quoi bon, puisque qu'on peut regarder à peu près tout ce que l'on veut, quand on le souhaite.

"Ils ont déjà payé !" Il n'en est pas moins vrai que les clients ont, il y a quelques années, dépensé un peu pour se doter de ces équipements électroniques, et beaucoup plus pour s'offrir des cassettes ou des DVD. Et si, faute d'équipement, ils ne peuvent plus regarder les contenus qui dorment sur leurs étagères, cela n'occulte en rien le fait qu'ils ont d'ores et déjà payé les ayants droit, soit en achetant un "produit culturel" (une cassette, un DVD ou un BR d'édition) soit à travers la redevance sur les supports vierges leur permettant d'enregistrer les contenus de leur choix. D'ailleurs, ceux qui possèdent encore un magnétoscope ou un lecteur numérique (il en va de même pour la musique, le CD, les minicassettes et même les microsillons) peuvent sans souci profiter en toute légalité de ce qui fait partie de leur patrimoine personnel.

"Oui mais, il y a aussi de vrais pirates !" Sans doute. Mais comment faire la différence ? En conservant, au pire dans un coin de cave ou de grenier, les vieux supports devenus inexploitables, afin de répondre à toute situation imprévue ? Voilà un souci qui ne peut que prendre de l'ampleur, avec l'application d'un éternel principe particulièrement injuste : pénaliser l'immense majorité des consommateurs, honnêtes, pour pouvoir traquer un peu de ceux qui plongent la main sans vergogne dans les pots de confiture.

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Tag(s) : #L'info en temps réel

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