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---> NOTRE DOSSIER COMPLET. Qui a encore des minicassettes vierges en rayon ? Il va peut-être falloir songer à une remise en place… 6 idées, vraies ou fausses, abordées sans détour...

Le retour des disques analogiques, les fameux vinyles, est désormais un phénomène connu. Expliqué ? En partie. Incontestablement, les enregistrements analogiques, pour ceux qui étaient de qualité, offrent une écoute plus agréable que ceux sur CD, au moins pour des oreilles un peu exercées. Le streaming en son haute résolution d'aujourd'hui a comblé quelques lacunes du disque compact. Il en va de même pour l'élitiste et assez peu répandu Bly-ray Audio. Mais les vinyles ont toujours leurs adeptes, dont les rangs grossissent d'année en année.

Contagion ? Pour ce qui concerne les cassettes, contrairement à ce que l'on pourrait croire, le confort d'écoute qu'elles procurent reste très appréciable sur certains points et sous quelques conditions. Aux US, leurs ventes (en version enregistrées) auraient progressé de près de 75% en 2016, évolution spectaculaire mais qui part de volumes très faibles. Voici, pour ceux qui n'ont pas connu la grande époque de ce support, quelques détails à connaître, histoire de ne pas raconter de bêtises aux clients, du même tonneau que quelques commentaires entendus ou lus dans les médias relatant cette soudaine fièvre de la cassette.

Le son de la cassette était très mauvais… Faux ! Certes, lors de sa présentation par Philips, en 1963, et de sa commercialisation, soit concrètement en 1965, l'étroitesse de la bande et sa faible vitesse de défilement en verrouillaient techniquement les performances. Impossible pour elle de prétendre faire partie du monde de la haute-fidélité. Quelques magazines spécialisés en hi-fi stéréo la remirent d'ailleurs vertement à sa place.

Mais cette réalité a changé dès les années 70 avec l'arrivée du Dolby B (le A était destiné au monde professionnel). Ce système mis au point par la firme de Ray Dolby compressait (au sens analogique du terme) le son à l'enregistrement, et de décompressait d'une manière strictement inverse à la lecture. Ce procédé a ainsi permis de placer sur le ruban ce que, physiquement, les caractéristiques de la couche magnétique ne pouvaient contenir. Dans la foulée, des cassettes avec des particules plus fines que celles de l'oxyde de fer (cassettes initiales, vite qualifiées "d'ordinaires", de type I), à base de chrome (Type II), puis des particules de métal pur (Type IV*), ont encore permis aux performances de s'élever. De nombreuses firmes ont produit des magnétocassettes de très belle facture (également dans le sens "sortie de caisse"). Un bon équipement et de bonnes cassettes : le plaisir audiophile n'avait rien d'usurpé.

Une stéréophonie enjôleuse ! Vrai ! Si les performances en bande passante, distorsion et dynamique furent correctes, puis bonnes et parfois excellentes, assez comparables à celles des bons disques analogiques (catégorie très minoritaire dans ce qu'ont pu proposer aux clients les "maisons de disques"). L'amélioration des cassettes et les versions nouvelles du Dolby (et les réducteurs de pas mal de concurrents) ont encore élevé les niveaux, mais c'est en matière de rendu stéréophonique que la cassette donnait des sensations nettement supérieures à celles des microsillons. Deux pistes parallèles permettaient une excellente séparation de la voie droite avec celle de gauche, bien plus facilement que la subtile séparation de deux rives du sillon des disques.  

Des performances amoindries à chaque lecture. Vrai ! Pour des raisons purement mécaniques, le son d'une cassette perd de ses charmes en étant lue et relue, et en particulier si elle est confiée à des mécaniques différentes. Ce qui fut le cas pour les cassettes de nombreux utilisateurs allant de l'installation hi-fi du salon à l'autoradio (redoutable, avec les vibrations) en passant par le radiocassette de la cuisine. La détérioration n'était pas liée à une usure de la couche magnétique par frottement sur les têtes de lecture, mais tout simplement à un passage mécaniquement de moins en moins précis du fait de l'enroulement irrégulier du ruban sur ses petites bobines. (En revanche, les bandes de certaines cassettes, notamment au métal pur, ne se privaient pas d'une action abrasive sur les têtes magnétiques, ce qui n'arrangeait rien à la lecture, côté appareil).

Le Walkman fut le premier appareil portable de Sony pour utiliser des cassettes en mobile. Faux ! Sony avait déjà produit un lecteur-enregistreur doté de deux volants d'inertie mécaniquement inversés pour annuler les effets des mouvements et vibrations. Un ingénieur de la firme japonaise que nous avions interrogé à ce sujet nous avait confirmé (cela remonte à plusieurs dizaines d'années) qu'il s'agissait bien là du véritable précurseur du Walkman. La portabilité fut toutefois proposée dès 1969 par Philips avec un appareil baptisé Cassettophone, "spécialement fait pour écouter" disait la pub. Mais le groupe hollandais n'a pas réussi à déclencher le succès que Sony a connu avec son baladeur dès la fin des années 70.

Chez Sony, on y croyait dur comme fer ! Faux ! Le patron et co-fondateur de la société, Akio Morita, était peut-être le seul, ou l'un des seuls à croire à ce produit. Un cadre européen qui était présent à Tokyo, chez Sony, lors de la toute première réunion commerciale internationale dédiée à ce produit nous avait confié, il y a une vingtaine d'années, que l'accueil en avait été très frileux. Pour preuve : le représentant de Sony US s'était follement engagé dans une commande de… 500 pièces ! Rien ne fut prévu, zéro pièce, pour la France. Et c'est un acheteur baroudeur de la FNAC, Patrice Bertrand, qui avait commandé aux Etats Unis les premiers exemplaires que "l'agitateur" a vendu sur notre sol. C'était une époque où certaines enseignes savaient encore jouer les pionniers et les défricheurs, ne se contentant pas de dire "on en commandera quand ça se vendra".

Philips a fait l'affaire du siècle avec cette cassette. Faux ! Certes, la firme hollandaise en est bien l'inventeur. Mais il y avait au début des années 60 une compétition "au couteau" entre plusieurs fabricants. Outre-Atlantique, RCA tenait le bon bout, avec une cassette à huit pistes. En Europe, Grundig avait conçu son propre modèle. Constatant que la plupart des industriels intéressés par le sujet (notamment l'industrie japonaise) penchaient pour la version de Philips, la société allemande tenta de sauver sa version en la proposant sans royalties à payer. Ce qui eu pour effet de contraindre Philips à en faire autant. C'est bête…

*Il y eut aussi un Type III, "ferrichrome", mélange qui ne connut que très peu de succès).

Notre photo : en 1984, BASF a célébré le 50ème anniversaire de son invention, la bande magnétique, clou de la Foire de l'Electronique de Berlin en 1934. Pour cet événement, un concert identique à celui donné à cette lointaine époque fut organisé, enregistré, et proposé sur minicassettes dans un coffret devenu un authentique collector.

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Tag(s) : #L'info en temps réel, #- Son HR et Home cinéma

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