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La douche froide ? Absolument pas. Nos lecteurs assidus ont en mémoire la prudence dont nous avons fait preuve à propos de ce segment. Mais aujourd'hui, son manque de succès devient une actualité majeure. 

Fichus, les objets connectés ? Non, mais leur cheminement depuis quelques saisons ne pouvait pas être qualifié de merveilleux. Et aujourd'hui, la réalité d'un univers qui est loin de faire des prouesses au niveau des ventes commence à se révéler. A l'image du dossier publié hier dans le magazine Challenges, qui n'hésite pas à parler d'échec. De quoi étonner bien des profanes, encore transportés par l'euphorie médiatique à propos de ces ustensiles qui déferlent et la French Tech portée aux nues, notamment par un essaim de politiciens n'ayant pas hésité à prendre le sillage de cette onde en apparence porteuse.

Pourquoi un échec ? Challenges fait un point particulièrement objectif sur ces produits, s'appuyant sur des données concrètes dont celles de GfK. L'analyste avait déjà pointé du doigt des freins empêchant ces objets de rencontrer leur public. Trop chers, et d'une utilité souvent non démontrée. Il faut ajouter que cette déconvenue ne s'observe pas seulement dans l'Hexagone, mais un peu partout sur la planète.

Même les montres et les bracelets vivent bien modestement. Des médias outre Atlantique en faisaient écho il n'y a que quelques jours, à l'occasion du CES 2017. En France, leur succès d'estime, sans plus, est confirmé. Malheureusement, on peut aussi parler d'un jet du bébé avec l'eau du bain. Des créations qui peuvent avoir un intérêt réel se retrouvent noyées dans une déferlante fort négative de machins totalement inutiles qui nourrissent une sorte de triste concours Lépine tendant à laisser supposer que tout ou presque, dans cet univers, n'est que gadget sans intérêt.

D'autres handicaps très concrets. Même pour les objets aux finalités retenant l'attention, trop d'obstacles se révèlent rédhibitoires, à commencer par les mises en œuvre, qui ne sont simples qu'aux yeux des ingénieurs qui les ont développées. Preuve qu'ils ne savent pas ce qu'est un client "ordinaire". Autre exemple de frein : la plupart des objets fonctionnent avec une connexion Internet. Ainsi, une simple prise connectée peut suffire à gérer le chauffage d'une maison de campagne d'où le propriétaire est absent pendant de longues périodes. Des systèmes plus élaborés sont aussi disponibles. Mais que devient le pilotage à distance si la connexion de la box au réseau de l'opérateur se trouve interrompue et ne se réamorce pas (les habitués de la campagne savent que c'est une circonstance hautement habituelle). Nous pourrions énumérer les multiples handicaps qui coincent les actes d'achat. Cher, anxiogène, le connecté n'est pas prêt pour faire une recette digne de ce nom.

Et maintenant ? Il est clair que la connexion ne va pas disparaître, bien au contraire. La 5G qui va arriver d'ici quelques saisons va même en transcender les possibilités. Mais l'avenir de la génération actuelle est assez  incertain. D'autant plus que de nombreuses startups, qui ont récolté des financements, risquent fort d'avoir des périodes compliquées. Les investisseurs pourraient du reste y regarder à deux fois avant de mettre trop d'œufs dans ce panier qui désormais risque d'apparaître risqué. Les enseignes, qui ont jusqu'à présent plutôt bien joué le jeu, pourraient petit à petit adopter pour leur part des structures d'offre corrigées. Certaines ont d'ailleurs déjà opté pour la mise en place des objets connectés dans les rayons qui les concernent, santé, électroménager, son, communication, domotique, etc. Des produits d'avenir, certes, mais d'un avenir qui, se construire, devra trouver des fondations nettement mieux structurées.

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Tag(s) : #L'info en temps réel

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