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La dégringolade boursière de Toshiba vient conforter l'idée selon laquelle la rectitude n'est pas omniprésente côté industrie, en particulier dans les groupes japonais… et bien d'autres.

L'ère du numérique serait-elle aussi l'ère de la triche ? Toshiba avait défrayé la chronique pour avoir manipulé ses comptes, et reconnaît à présent avoir fait un peu n'importe quoi en rachetant l'activité nucléaire de Westinghouse. D'où sa spectaculaire glissade en bourse qui n'est cependant pas une première. Sans les citer (ne tirons sur aucune ambulance), d'autres firmes nippones connues ont ces dernières années été prises la main dans le pot de déconfiture. Nippones ? Certes, et l'effet est impressionnant car le Pays du Soleil levant avait durant des années donné l'image d'un endroit où le succès et la performance, financière notamment, étaient indissociables. La réalité est laconiquement navrante. Il y a aussi des fripouilles sur cette terre lointaine, et une question induite arrive immédiatement : d'autres groupes peuvent-ils avoir su s'affranchir des bonnes règles sans se faire prendre… pour l'instant ?

Pourtant, il n'y a pas que le Japon à héberger des acteurs économiques qui ne s'embarrassent pas de quelques manœuvres répréhensibles. Vous qui aimez peut-être le cassoulet en boîte avez certainement découvert comme tout le monde et très récemment que chez William Saurin, la compta pédalait allègrement dans la choucroute, et depuis longtemps. D'autres n'avaient-ils pas glissé du cheval haché dans des préparations supposées ne contenir que du bœuf de noble origine ? Certains observateurs hautement qualifiés n'ont-ils pas émis quelques réserves sur les détails intimes de la gestion d'Areva ? Outre-Rhin, pays de l'industrie modèle, c'est avec un esprit digne des hackers les plus émoustillés que certains ont craqué les logiciels contrôlant les émissions du gazole. Avec des conséquences colossales pour le Diesel, technologie de moteurs thermiques extrêmement efficaces en termes de rendement, devenus dès lors pestiférés. Et il y a aussi ceux qui rénovent les dates limite de consommation de produits frais (ou presque), ceux qui embellissent leurs fonds de roulement pour ne pas voir la banque leur supprimer une facilité de caisse, ceux qui sautent à pieds joints les tourniquets d'accès au métro, ceux qui conduisent sans permis, ceux qui font chaque jour un peu de ventes hors caisse, etc.  

Inutile d'aller plus loin dans les évocations. Nous en arriverions à une liste interminable et surtout, au constat que la période présente n'est sans doute pas plus riche en petites, moyennes ou énormes entourloupettes que le passé remonté jusqu'à la nuit des temps. Les populations, physiques ou morales, concernées ne sont pas davantage plus répandues. Seules une communication plus active et rapide et des investigations plus performantes donnent l'illusion d'une accélération.

Il reste toutefois une véritable interrogation : quel est le degré d'imprégnation de l'univers économique par des pratiques douteuses ? Le temps qui s'est écoulé avant la découverte du pot-aux-roses de Lehman Brothers et de sa juteuse pyramide n'est pas de nature à rassurer. Observons seulement que de plus en plus d'experts en économie estiment qu'il conviendrait d'intégrer les activité souterraines et occultes pour établir des analyses pertinentes.

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Tag(s) : #L'info en temps réel

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