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A quoi servent les anniversaires ? A mesurer le temps passé et les évolutions vécues au fil des années. En un demi-siècle, le terme "évolutions" s'avère très insuffisant pour le sujet dont il est question au fin fond du Nevada début janvier.

Dans quelques jours, un nouvel épisode de ce qu'il n'est plus tout à fait pertinent de résumer par "électronique grand public" va se dérouler au CES. Cette édition marque en effet le 50ème anniversaire de cette manifestation qui avait pour la première fois ouvert ses portes à New York, au cours de l'été 1967. Non seulement l'électronique s'est métamorphosée depuis, mais aussi la vie au sens le plus large, sous l'influence des électrons et de bien d'autres choses.

Quand le premier CES ouvrait ses portes au cœur de la "Grosse Pomme", la télévision se préparait à passer à la couleur en France (et en Allemagne), pas franchi seulement en novembre de cette année là. La petite lucarne n'entrait dans les foyers que par les bons soins des "spécialistes", le plus souvent répondant au qualificatif de "radio-électriciens". En effet, la grande distribution n'en était qu'à ses avant-premières à travers quelques initiatives ponctuelles (le premier Carrefour, à Sainte-Geneviève des Bois n'avait que 4 ans, et les frères Darty ouvraient leur première grande surface sur un terrain acheté à Bondy).Ce qui ne signifie pas que les grandes lignes de l'EGP ne fussent pas déjà sur les rails.

Dès 1964, les JO de Tokyo avaient provoqué un rush sur les téléviseurs, la radio étant dans tous les foyers depuis longtemps et commençant même à se faire une place significative dans l'auto. L'enregistrement de la musique avec un magnétophone a déjà amorcé son bonhomme de chemin. Cependant, toute description prospective de ce que nous connaissons et utilisons aujourd'hui n'aurait même pas été prise pour de la futurologie, mais qualifiée de science-fiction totalement dépourvue de toute crédibilité. 

Les salons ont aussi fait du chemin. En place depuis les années 20, ce qui deviendra l'IFA fait en 67 du slalom entre Berlin et quelques villes allemandes, Dusseldorf étant un des points névralgiques de la hi-fi en pleine ascension. A Paris, le Festival du Son accueille des visiteurs de plus en plus nombreux dans les appartements et couloirs du presque vétuste hôtel du Palais d'Orsay, alors que le Salon International des Composants Electroniques vit ses grandes heures, à la Porte de Versailles, parc d'exposition qui a su accueillir jusqu'à plus de 700.000 visiteurs dans un Salon de la Radio aujourd'hui totalement oublié.

Parti de New York, le CES va suivre au fil des années fastes un parcours flamboyant, s'offrant même le luxe d'exister deux fois par an de la fin des années 60 à 1994 (en janvier à Las Vegas, en juin à Chicago). Initialement axé sur la reproduction du son puis des images, il cherche aujourd'hui à rassembler des sujets qui lui échappent, tout comme à ses concurrents encore vivants. C'est d'ailleurs en tenant compte de cette réalité dispersante que l'ex-CEA (Consumer Electronics Association), organisatrice de l'expo, s'est rebaptisée l'année dernière CTA, pour Consumer Technology Association. Comme l'IFA, il risque de plus en plus de mal étreindre à force de vouloir trop embrasser. La photo (qui s'étiole) à Cologne, le jeu vidéo à Los Angeles, la mobilité à Barcelone... Les grands thèmes, en dépit de leur convergence dans les usages, s'éparpillent. Le sort des grands salon généraliste soulève des incertitudes, d'autant plus que l'industrie, quel que soit son domaine, boude de plus en plus ces grandes messes onéreuses qui perturbent ses calendriers. Aucun riche passé ne suffit à nourrir le présent et encore moins l'avenir.

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Tag(s) : #- Expos et salons

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