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Les erreurs de terminologie ont été nombreuses dans les médias et bien des argumentaires, mais c'est excusable...

Ainsi, le quotidien Le Parisien tombe involontairement dans le piège ce matin, (voir si-dessus) en mettant l'accent sur un petit dispositif très ancien permettant de voir des images de Paris en stéréoscopie, "l'ancêtre des la 3D" ajoute-t-il. Erreur ? Peut-être et peut-être pas. Prise au pied de la lettre, si son allusion se rapporte à cette 3D que le monde du téléviseur a tenté d'imposer sans succès, il n'y a pas d'erreur. La mauvaise interprétation a en revanche bien été celle de ce monde de l'écran plat, en qualifiant de 3D ce qui n'était que... de la stéréoscopie. Une confusion qui a même sa (petite) part dans l'échec de la TV 3D.

Quelques explications indispensables. La stéréoscopie consiste à saisir une scène en juxtaposant deux images, celle que voit l'œil droit et celle que voit l'œil gauche de tout individu... non borgne. Ce qui n'est qu'un artifice seulement réellement efficace avec des images fixes. Dans la réalité, notons que même en fermant un œil, les trois dimensions sont perçues normalement. En stéréo, cette perception impose au système oculaire une petite gymnastique quasi imperceptible avec les appareils de stéréoscopie qui se sont multipliés dès la fin du 19ème siècle, lors de l'essor de la photographie. Bien des amateurs et collectionneurs connaissent ces petits gadgets, parfois fort simple, comme celui que montre Le Parisien.

Malheureusement, si une perception des trois dimensions est obtenue avec la stéréoscopie en mouvement que les téléviseurs ont cherché à concrétiser récemment, l'effet s'avère "fondamentalement" mauvais. Raté serait même un adjectif plus juste. Par exemple, si un spectateur voit l'image d'un adversaire lui envoyer son poing vers le nez, en véritable 3D comme dans la réalité, il lui suffit d'esquiver à droite ou à gauche pour que le poing ne vise plus sa cible (sauf s'il est face à un champion du ring, mais c'est une autre histoire). Avec la fausse 3D que constitue la stéréoscopie, le poing suit le regard. Totalement irréaliste. On frise le KO.

KO ou au minimum très désagréable sensation, parce que l'effort demandé aux muscles oculaires en images fixes va devoir se répéter sans cesse pour décrypter des images qui ne cessent de bouger, y compris dans la tentative de rectifier les erreurs de ce faux relief. Ce qui a bel et bien été l'un des écueils de la technologie lancée à grand renfort de marketing. Là quasi totalité des spectateurs ont déploré une fatigue oculaire (pour les films en salle également), et les contraintes visuelles ont été la raison de l'interdiction de cet effet dit 3D pour les enfant jusqu'à l'âge de 7 ans, afin d'éviter des séquelles pour la vue fragile, encore en formation, de nos bambins.

Mais alors, pourquoi cette stéréoscopie et pas de la "vraie 3D" ? Pour une raison extrêmement simple : il n'existe aucun moyen technique capable de reproduire cette 3D réelle à part l'holographie. Laquelle reste compliquée à mettre en œuvre tant pour la capture des images que pour leur reproduction. Certes, des démonstrations  ont pu être vue dans des salons au fil des années, mais sur des prises de vues très limitées. L'avenir verra peut-être cette technique se développer, mais pour recenser un parc mondial de téléviseurs très largement converti à l'holographie et par conséquent pour que le monde de la production puisse disposer de toutes les infrastructures de création de contenus adaptés, il faut s'armer d'une immense patience.

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Tag(s) : #L'info en temps réel

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