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Quand la destruction aboutit à ses inévitables conséquences…

L'édito d'Yves Dupré.

En poussant jusqu'au ridicule les restrictions de circulation (fermeture des voies sur berges), la municipalité parisienne vient d'administrer sans le vouloir deux preuves, et non pas une seule, de l'incohérence de ses raisonnements. Comme viennent de le démontrer des chiffres publiés par le quotidien Le Parisien, non seulement les difficultés de circulation se sont aggravées, frôlant de près la multiplication par deux de certains temps de parcours, mais qui plus est, la pollution fait aussi un bond dans le mauvais sens. C'est raté dans la plus grande largeur ! Voilà donc la première preuve des effets pervers des mesures prises, effets qui se prolongent bien au-delà des voies fermées. Ce qui est logique, puisque les conducteurs qui cherchent à éviter les blocages du centre se reportent sur d'autres itinéraires, surchargeant ceux-ci. Le boulevard périphérique et même certains axes de banlieue sont ainsi perturbés. Côté commerce, les conséquences sont également nettes. Le BHV notait 15% de stationnement en moins dans ses parkings.

La seconde preuve est plus inattendue, sauf pour ceux qui, nombreux, comprennent comment fonctionne une automobile. Un véhicule pollue moins quand il avance avec un bon rendement de son moteur. Le ralenti est au contraire désastreux, le sur-place catastrophique. La véritable bonne mesure consisterait donc non pas à bloquer mais à fluidifier le trafic, en permettant aux flux de véhicules de s'écouler plus vite. Pas à tombeau ouvert, certes, mais à une vitesse moyenne et dans la souplesse. Quitte à multiplier des axes comme ces voies sur berges stupidement condamnées...

Toutefois, nous sommes dans un contexte très différent. Car depuis l'arrivée à la mairie de la capitale de Bertrand Delanoé en mars 2001 (étroitement dépendant de la fraction écologiste de sa majorité), la volonté avouée de cette équipe était de "dégoûter" les automobilistes de leurs allées et venues dans ou vers la capitale. Sur ce point, la réussite va déjà au delà de toutes les espérances.

Notez bien ce détail : alors que le parc d'automobiles en France ne progresse plus que dans des proportions très faibles depuis une quinzaine d'années, il est de plus en plus difficile de circuler et de se garer dans les villes. Et aujourd'hui, dans la capitale, sous la houlette de la maire actuelle, Anne Hidalgo, la volonté destructrice de l'auto, une autophobie poussée à son paroxysme, reste extrêmement présente. "Attendons que les conducteurs renoncent à fréquenter ces quartiers et circulation comme pollution baisseront" semblent-ils fièrement proclamer en substance, à l'instant présent. Peu importe si l'activité économique de Paris souffre de cette envie de tuer une auto que certains ne supportent définitivement pas.

Est-il encore pertinent de rappeler qu'une ville (capitale ou autre) est avant tout un nœud économique majeur, et pas seulement un espace récréatif pour faire du jogging et du patin à roulette ? A l'heure où, bien tardivement, certains s'interrogent sur les méthodes qui permettraient de réanimer le commerce de centre ville, voilà un panorama particulièrement démoralisant propre à ruiner bien des espoirs et surtout, bien des entreprises.

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Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré, #L'info en temps réel

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