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L'édito d'Yves Dupré

ON ATTENDAIT UNE PUISSANTE REMONTÉE DES COURS, LAQUELLE NE VIENT PAS. TANT MIEUX…

Il y a quelques jours, le très clairvoyant économiste Jean-Marc Daniel joignait sa plume à celles d'autres spécialistes et commentateurs estimant que l'on aurait bien tort de se réjouir d'une remontée du prix du baril. Laquelle se fait d'ailleurs attendre, nouvelle preuve que les membres de l'OPEP ne font plus ni la pluie ni le beau temps au royaume de l'or noir. Depuis plusieurs mois, la chute inattendue et colossale du prix de cette matière première a permis à de nombreux analystes de noter qu'elle intervenait comme une aubaine, se joignant à cet "alignement des étoiles" excellent pour notre compétitivité, pour l'emploi, enfin, pour tout. Concrètement, comment contester que d'avoir presque deux fois moins à payer pour faire son plein de mazout permet à tout ménage de pouvoir s'offrir un nouveau téléviseur, un smartphone, un ou des casques de réalité virtuelle, des vacances ou des produits de meilleure qualité pour se nourrir ? En clair, de stimuler l'activité économique.

Chez les esprits chagrins allant des autophobes aux écologistes intégristes, qui parfois parlent et agissent comme s'ils s'apparentaient à une sorte de lobby, une évidente satisfaction à l'idée d'une possible remontée vigoureuse suinte de leurs propos et attitudes. Avec un argument dont on sait depuis les années 80 qu'il est très inexact : du pétrole, il n'y en a plus, ou plus pour longtemps…!

La preuve que non : pour tenter d'en faire monter le coût, les producteurs (pays, groupes pétroliers, voire services fiscaux…), tous ou presque en sont réduits à avoir recours à une double méthode violemment réprimée par ailleurs : l'entente et l'organisation de la pénurie. Imaginez cela dans le domaine des produits de consommation courante ! Une pluie de procédures ne tarderait pas à déferler, et d'ailleurs, certaines ont déjà été engagées et ponctuées par de lourdes sanctions.

Allons plus loin : quels facteurs se cachent derrière de telles envies de voir les prix remonter ? Limiter la pollution ? Réduire l'impact de certaines pathologies ? Ou plus simplement mieux financer les engagements dans des conflits armés ? Répondre aux coûts d'investissements pharaoniques amorcés dans des périodes fastes que certains imaginaient éternelles ? Ou encore noyer quelques centimes d'euros ajoutés à la pompe pour financer des emplois publics ou acheter des TGV dont personne n'a besoin ?

Les bonnes ou nettement moins bonnes excuses ne manquent pas, pour ce qui ne pourrait entraîner que de nouvelles contraintes sur le pouvoir d'achat des ménages. Même si c'est écologiquement discutable, heureusement, les gaz de schistes restent en embuscade. Et au Royaume Uni, qui vient d'en libéraliser une forme d'extraction, il y a certainement déjà quelques entités, observant la monnaie nationale chuter, où l'on se frotte les mains.

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Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré

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