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Guerre des radios et vieux auditeurs…

UNE INQUIÉTUDE SUR L'ÂGE DES AUDITOIRES SE DESSINE POUR DES STATIONS DE RADIO "HISTORIQUES" ET LEUR VIEILLISSEMENT, PLUS RAPIDE QUE DE CELUI DE LA POPULATION. LES USAGES NUMÉRIQUES SONT EN CAUSE, MAIS PAS SEULEMENT...

Le plus utilisé des médias électroniques est aussi le plus ancien. La radio, jadis TSF, était déjà fort implantée dès le cœur des années 30. Aujourd'hui, la radio reste un vecteur puissant pour l'information et la distraction, parce que, contrairement à d'autres plus modernes, elle n'exige aucun écran pour se consommer, pas le moindre forfait ou abonnement à quelque fournisseur que ce soit, et autorise tout auditeur à mener parallèlement à son écoute une grande quantité d'activités.

Hélas (ou tant mieux), à l'exception des antennes dites de "service public", les stations de radio vivent de la publicité, laquelle s'est pas mal éparpillée au fil des années, d'abord il y a une trentaine d'années avec la multiplication des acteurs, et désormais sollicitée par de nombreux autres supports, en particulier en ligne. Dans ce contexte, les deux "périphériques", comme on les désignait il y a bien longtemps, RTL et Europe-1, les deux "vestiges" d'un presque passé (mais toujours dans le top 5 des plus écoutées) se livrent une âpre bataille depuis de longues saisons. Celle de la rue François 1er, qui fut "la" radio par laquelle le renouveau est arrivé, surfant sur la vague du baby-boom, accuse soudain et à l'évidence davantage les conséquences de cette bataille. Le transfert de Laurent Ruquier dans la tranche de fin d'après-midi vers la rue Bayard (remplacement de Philippe Bouvard au micro des Grosses Têtes) l'a fortement privée d'une audience que les observateurs voient en outre prendre de l'âge.

Loin de ne voir dans ce constat qu'une simple passe d'armes entre émetteurs concurrents, cette évolution ne fait qu'en refléter une autre, que les statistiques démographiques mettent en évidence. 

Guerre des radios et vieux auditeurs…

L'âge moyen de la population française atteint désormais 41 ans.

Toute la population nationale vieillit.

Début 2016, l'âge moyen des auditeurs d'Europe-1 était de 54 ans, plus jeune finalement que celui de RTL, de 57 ans. Soit bien plus que la moyenne de la population française qui, elle-même, prend quelques rides chaque année. En résumant d'une manière très générale, il est clair qu'une sorte de bipolarisation des cibles s'établit entre d'un côté des consommateurs plus âgés, moins familiarisés avec les technologies les plus actuelles, de l'autre des individus plus ou même très jeunes, qui mélangent allègrement anciens et nouveaux usages. Un schéma qui se traduit d'une manière pratique par une atomisation des populations à cibler, véritable défi pour tout média-planner, la navigation entre tranches d'âges et CSP étant d'autant plus délicate que l'évolution est importante et rapide, ne serait-ce qu'en raison du développement et de la diffusion des technologies numériques.

Guerre des radios et vieux auditeurs…

La matinale d'Europe1, une tranche très suivie.

RTL dans la continuité, Europe dans le changement permanent.

Il ne faut cependant pas sous-estimer le poids des stratégies propres aux deux stations qui, pour les seniors, restent encore "la nouvelle et l'ancienne". La nouvelle est naturellement Europe-1 qui, au cours des années 50 puis 60, a littéralement "renversé la table", selon une formule à la mode. Un ton nouveau, des émissions devenues cultes, ont fait de ce nouveau venu une véritable onde de choc se propageant sur les populations jeunes, le baby-boom, mais aussi les "jeunes cadres dynamiques" d'une France renaissante. Quand les potaches se ruaient à l'écoute de Salut les Copains, et que des auditeurs jeunes actifs se laissaient emporter par les cadences de Pour ceux qui aiment le jazz, le seul vrai concurrent s'appelait encore Radio Luxembourg. Son renouveau n'interviendra qu'au cours des années 60, avec sa nouvelle marque : RTL. Une station qui a le plus souvent misé sur des programmes et des animateurs au long cours. Les trois décennies des Grosses Têtes n'ont pas été une exception. Le fameux Stop ou encore dure toujours lui aussi. Alors que rue François 1er, le renouvellement est depuis longtemps dans l'ADN de l'antenne. Pourtant, depuis quelques saisons, la rue Bayard s'est employée à aller chercher les vedettes de sa concurrente au logo bleu. Nous avions même titré à ce sujet il y a quelques temps "Pour écouter Europe 1, branchez-vous sur RTL". Avec ce coup de grâce qu'aura été le départ de Laurent Ruquier, les événements deviennent plus sérieux pour la radio du groupe Lagardère. Si elle avait tout fait pour conserver cet animateur, les choses seraient sans doute assez différentes, pour les deux stations. Denis Olivennes, qui pilote Europe 1, se dit probablement que "c'est du fond de la piscine qu'il est le plus commode de se propulser vers la surface". La campagne de communication lancée hier est destinée à amorcer cette remontée.

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Tag(s) : #L'info en temps réel, #- TV-Radios-Medias-Net, #- Repères et chiffres

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