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Au cœur d'une longue période de grands choix.

LES APPARENCES D'UNE CERTAINE INSTABILITÉ DANS L'UNIVERS DU NUMÉRIQUE NE SERONT PAS ÉTERNELLES, MAIS DURERONT ENCORE LONGTEMPS…

L'édito d'Yves Dupré

Cette certaine instabilité se traduit, pour les consommateurs comme pour ceux qui les servent en services et en équipements, par des difficultés dans les choix et par le sentiment que tout va vite, trop vite, pour réellement s'adapter. En amont, la même ambiance compliquée est également perçue. Pour les téléviseurs, va-t-on vers du 4K, ou du 8K d'ici peu ? Pour tout ce qui est connecté, sont-ce la 4G, la 5G ou la fibre qui vont assurer le trafic des données ? Dans ce même domaine, l'avenir sera-t-il terrestre ou satellitaire ? Tous ces modèles vont-ils se partager la tâche, et dans quel ordre ? Seront-ils plutôt balayés par une autre rupture technologique ?

Il est ainsi possible de prolonger la liste des interrogations qui sont non seulement anxiogènes pour les clients de la distribution, mais aussi très préoccupants pour les opérateurs dans de nombreux domaines. On annonce la 5G comme imminente, alors que la 4G est à peine en voie de diffusion, et que tout utilisateur peut constater que par endroits (et pas forcément en rase campagne) il se retrouve encore en Edge ! Il faut des années pour mettre en place des réseaux et les adapter. Mais un choix fait aujourd'hui se révèlera-t-il pertinent dans 10 ans, ou au contraire, totalement hors cohérence et destructeur d'équilibre financier ?

Cette immense incertitude est liée aux flux considérables d'innovations et de progrès techniques qui ont jalonné (au moins) les 20 dernières années. 20 ans, est-ce beaucoup ? En réalité, la réponse est négative. Du reste, de telles situations ont déjà été vécues dans le passé. Prenons un seul exemple.

Dans les années 1920, les réseaux de chemins de fer ont amorcé leur passage à la traction électrique. Etape considérable qui a vu des choix majeurs s'imposer, non sans une hésitation et même sur ce que l'on peut appeler de vrais paris sur le futur. Comme aujourd'hui, des options ont été prises sous des influences multiples, dont la concurrence entre firmes, les incidences politiques et, bien sûr, l'état de la technique. En France, c'est le courant continu qui l'a emporté, avec l'électrification en 1500 volts continu du "PO", le Paris-Orléans. Cette alimentation était adoptée en raison du bon fonctionnement depuis 1900 du réseau de la gare d'Orsay en 600 volts continu et... de la reconnaissance envers l'Amérique venue sauver le pays lors du conflit 14-18, reconnaissance fort bien exploitée par la société Thomson-Houston (celle de Thomas Edison), face à sa concurrente Westinghouse. Certes, l'alimentation en courant alternatif avait déjà fait ses premiers pas, notamment en Allemagne. Mais, état de la technique, c'est essentiellement les difficultés des industriels encore rencontrées pour fabriquer en série des moteurs fonctionnant en alternatif monophasé qui lui ont valu d'être écartée. Aujourd'hui, les lignes de Paris à Marseille et de Paris à Toulouse, entre autres, sont toujours alimentées en 1500 volts continu, choix arrêté il y a pratiquement un siècle, l'alternatif n'ayant été adopté sur notre sol qu'après guerre (39-45) et massivement à partir des années 60 sur les réseaux électrifiés à partir de cette époque, et pour le TGV. Les particuliers ont suivi sans le savoir ces évolutions pour l'adoption de leur électricité domestique. Dans les années 60 et 70, si le continu pour les logement avait disparu, des régions étaient encore alimentées en 110 volts 50 Hertz, et pour les appareils à consommation élevée, subsistait l'alternatif triphasé, "la force", comme l'appelait alors commercialement EDF.

Dans le numérique, nous en sommes à cette grande farandole des bouleversements qui s'arrêtera, c'est inévitable. Quand ? Lorsque les éventuels progrès n'apporteront plus des avantages sensibles par rapport aux performances adoptées. Si nous y sommes presque pour le son et l'image, il n'en est pas de même pour tout ce qui est connecté, et surtout tout ce qui le sera. Et comme pour l'électricité, les influences concurrentielles, politiques et liées à la technologie participent pleinement à l'animation de cette farandole. La fin du changement permanent, ce n'est pas pour maintenant !

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Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré

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