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A l'école jusqu'à 18 ans, puis service militaire, et puis ?

UNE MANŒUVRE ÉTRANGE DANS LAQUELLE DISPARAÎT UNE NOTION ÉLÉMENTAIRE : APPRENDRE UN MÉTIER. QUE DEVIENT L'APPRENTISSAGE DANS CE PROJET ?...

L'idée d'une obligation de scolarisation de tous les jeunes de 3 à 18 ans a soulevé dès sa révélation il y a quelques jours une pluie de réactions. Celles-ci ont été au minimum très circonspectes, voire hostiles, pour une raison parmi d'autres : le flou du sort réservé à l'apprentissage. Une simple question, que certains jugeront idiote : que fait un jeune, Bac Pro en poche, entré à 16 ans en apprentissage pour une année ? Entre-il dans la vie active à 17 ans, fort d'un diplôme obtenu par exemple dans un CFA, ou retourne-t-il à l'école pour réviser la table des 8, la déroute d'Azincourt  et quelques fables de La Fontaine ?

Vision simpliste ? Nous assumons. Mais il est clair que les commentaires entendus font beaucoup plus souvent allusion à une pirouette destinée à gommer des statistiques de chômage des jeunes un nombre considérable de demandeur d'emploi devenant des individus scolarisés.

Cette hypothèse n'est sans doute pas fausse. Elle ne concerne pas les enfants à partir de 3 ans, qui sont déjà inscrits à la maternelle à environ 90%, pour les bienfaits de cette ouverture au monde et aussi, ne l'oublions pas, pour la facette "garderie" que cette petite école apporte à des parents qui doivent travailler.

Un nouveau "coup" de l'éducation nationale plus pervers qu'il n'y paraît !

Il y a pourtant une autre théorie qui est mise en avant pour expliquer le fondement de cette mesure, entendue notamment dans l'univers de l'apprentissage. Cette "hypothèse d'école", formule on ne peut plus juste, s'appuie sur une simple et incontestable arithmétique. Elle devrait tout simplement permettre le recrutement de nouveaux enseignants au sein de notre déjà très peuplée Éducation Nationale. Une classe d'âge (nombre d'individus nés en une année) en France est d'environ 750.000 individus. Deux ans ajoutés à la scolarité obligatoire correspond à environ 1,5 million de jeunes citoyens, moins ceux qui sont encore dans les circuits de l'éducation à cet âge. Imaginons, avec une totale approximation, qu'un bon million de nouveaux élèves soient à accueillir. Ne faudrait-il pas dès lors faire appel avec un bon alibi à de nouveaux enseignants ?

Les spécialistes de la formation ne se sont pas privés de souligner qu'au fil des années et voyant les effectifs d'élèves se réduire (fin du baby-boom, moins de familles nombreuses...), le corps enseignant a réussi à optimiser ses rangs grâce à des migrations budgétaires ayant tiré vers lui des fonctions rendues par des organismes autres, en général proches des métiers et efficaces au point de convertir en emplois concrets jusqu'à 90% des apprenants y ayant suivi des formations.

Avec deux ans de plus, on revient à la méthode qui avait eu son heure de gloire en passant par la réduction du nombre d'élèves par classe. Les enfants qui ont, dans les années 50 et 60, appris bien des choses dans des classes de 40 à 45 élèves ont pourtant une maîtrise de l'orthographe très correcte. Il n'en va pas de même pour ceux qui n'ont eu qu'une vingtaine de bambins face à leur instituteur... Pardon, professeur des écoles, respectons les égos d'Etat. Au fait, qui se souvient de cette époque où, au Certificat d'Etudes Primaires, le bon vieux "certif", faire 5 fautes à la dictée était éliminatoire. 

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Tag(s) : #L'info en temps réel, #- C'est un avis

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