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Questions pour une rentrée : qui décide quoi ? Ceux qui pilotent, ou ceux qui savent bloquer les périphériques ?

L'édito d'Yves Dupré...

C'est reparti, pour une saison, de septembre à juillet, la véritable année économique. Cette rentrée se déroule dans une ambiance particulièrement remplie d'interrogations, que les joutes préalables aux présidentielles ne font que renforcer. Elles attisent les tensions, mettent de l'huile sur le feu, alors qu'en "fond d'écran", subsistent les inquiétudes liées au terrorisme, le doute sur la santé économique, l'emploi, les charges sociales et fiscales, qui pèsent toujours autant, à l'épaisseur du trait près, sur les entreprises comme sur de nombreux ménages, etc. La consommation est donc sur le fil du rasoir alors que les effets de ce qui, pour les professionnels du terrain, reste "la crise", sont de plus en plus apparents. Les cellules vides dans les galeries marchandes se multiplient. "Nous en sommes à 20, et ça commence à se voir sérieusement", nous confie au cœur de l'été un commerçant du centre Bay (Collégien, 77). Le centre-ville dans villes moyennes de la France profonde n'offre pas un spectacle plus réjouissant.

Sans la moindre hésitation, reconnaissons que le commerce a quelques lourdes et authentiques responsabilités dans les vents contraires qu'il rencontre. Globalement, il y a de bonnes raisons de s'interroger (mais le fait-il) sur un thème fort simple : le magasin physique, qui semble ne plus s'appuyer que sur le paroxysme du "moins cher", va-t-il retrouver l'énergie et l'imagination pour renouer avec une réelle attractivité (en bon français, cela s'appelle générer du trafic, toute l'année bien entendu) ? Ou va-t-il se contenter de jouer un rôle sans piment, et peu de profit, de rabatteur de ses ventes en ligne ?

Mais au-delà de ces questions introspectives, il reste le cadre, l'ambiance, donc bien plus que la conjoncture. Malheureusement, les saisons les plus récentes ont mis en lumière un phénomène qui n'est pas nouveau, mais prend de l'ampleur. Sur des sujets pour lesquels, à défaut d'un consensus total, des majorités nettes se dégagent, de toutes petites oppositions réussissent régulièrement à faire échouer des projets ou des évolutions importantes, voire vitales. Dès lors, les engagements les plus sincères des candidats à la présidentielle sont à prendre avec des pincettes. Même s'ils ont la ferme intention de défendre ce qu'ils proposent, même si nombreux sont ceux qui, comprenant la difficulté nouvelle, veulent frapper vite et fort (ordonnances, référendums, etc.), les évolutions structurelles promises pourront-elles voir le jour ? Ne risquent-elles pas de piteusement s'écrabouiller sur fond de blocages routiers et dans l'odeur de vieux pneus se consumant ? La mésaventure d'un aéroport en région nantaise, dont le projet stagne et s'enlise sur le fil du rasoir parce qu'une poignée d'opposants irréductibles résiste, physiquement, ce en dépit de l'issue favorable du récent référendum, est un exemple de ce qui devient un formidable pied de nez aux usages démocratiques. Dans le dossier des ouvertures des magasins le dimanche, la situation est comparable et, par certains côtés, pitoyable.

Rarement l'avenir à court terme s'est présenté avec autant d'incertitudes. Non pas rempli de questions philosophiques ou métaphysiques, trucs pour les boyaux de la tête, comme le disait le regretté Boby Lapointe, mais d'inconnues bien concrètes qui font de la saison qui commence une équation à la résolution fort complexe.

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Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré
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