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MULTIPLIER LES ACCÈS À LA CLIENTÈLE N'EN ÉLARGIT PAS LES DIMENSIONS. PLAN DE DÉPARTS À LA CLÉ, SFR VIT PEUT-ETRE UNE SORTE DE CONDENSÉ DES CONSÉQUENCES DE CETTE TENDANCE DITE DU "MULTICANAL", DONT ON NE SAURA QUE PLUS TARD S'IL CONSTITUE UNE VRAIE BONNE IDÉE.

Bien des exemples concrets démontrent que de nombreux décideurs n'ont pas encore pris en compte le fait que la progression des ventes des années 60 à 90 n'est plus d'actualité. Tout simplement parce que cette croissance, en Europe et encore plus particulièrement en France, avait pour déclencheurs principaux pour ne pas dire uniques et indissociables d'une part le ras-de-marée démographique et d'autre part l'apparition de nouvelles technologies accompagnées de nouveaux usages.

Dans son édition d'aujourd'hui, le quotidien Les Échos indiqué que SFR lance un plan de départs volontaires liés à une révision majeure de son approche du terrain. Nos lecteurs les plus fidèles ont peut-être en mémoire ce que DVSM constatait depuis plusieurs années à propos du coût et de la justification de la création d'innombrables boutiques d'opérateurs, implantées dans les galeries des centres commerciaux et dans les quartiers les plus fréquentés de nos villes, lorsque la téléphonie mobile était en phase de développement.

Dans une boutique, chaque opérateur pouvait, mieux que dans la distribution concurrentielle, pousser ses clients à optimiser les détails intimes de ses forfaits ou de ses formules d'abonnements. "Nous voulons leur mettre le pied à l'étrier" nous ont-ils tous souligné, lors des interviews, pour optimiser le business dans son ensemble.

Mais aujourd'hui, tous les consommateurs qui sont en âge d'utiliser un équipement mobile en sont dotés. Même pour les smartphones, le marché est au mieux en voie de stabilisation, voire en début de régression, effet qui ne sera désormais compensé que par le renouvellement. Et encore... Même Apple se dirige vers un rythme de générations de nouveaux modèles plus lent, de l'ordre de trois ans au lieu de deux.

Dans ce contexte, le coût de tout point de vente prend un caractère beaucoup plus critique. Concrètement, il implique la valeur d'un local ou d'une cellule, son entretien, sa climatisation, son éclairage, son aménagement, ses équipes même à des heures où le trafic est modéré, etc. Des charges si bien identifiées que des parades ont été imaginées avec des tarifs nettement plus avantageux pour la clientèle. RED chez SFR, Sosh chez Orange... tous les pros connaissent ces modèles initiés lors de l'arrivée bousculante de Free, chien dans un jeu où les quilles n'avaient déjà plus un équilibre parfait, et qui... n'avait pas de réseau physique.

Aujourd'hui, et après que des réseaux se soient déjà un peu rationalisés, les acteurs sont au pied du mur, surtout quand leurs dirigeants sont des chasseurs de coûts. Une boutique entraîne les mêmes dépenses, qu'elle soit décorée plutôt en rouge, en orange ou d'un autre nuance, le comptable n'y voyant que du bleu vite susceptible de virer vers un autre rouge, celui que les gestionnaires redoutent. Le plan annoncé de SFR n'est que l'épisode d'un feuilleton inévitable.

Ceci est cependant transposable à une plus large échelle, d'autant que la frénésie d'ouvertures et d'agrandissements des galeries et des zones commerciales a déjà conduit à des déceptions, voire quelques catastrophes en termes de trafic et donc de réalisation. Le tout étant influencé par les autres voies (non gratuites) par lesquelles chacun cherche à drainer les ventes aux chalands : magasins + drive + e-commerce. Plus par plus par plus pourrait tôt ou tard finir par faire moins. Pour SFR, cela va déjà faire moins... d'emplois.

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Tag(s) : #L'info en temps réel, #- TOUT LE COMMERCE, #- Télécoms
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