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Ouverture du dimanche et "base du volontariat"…

LA "DÉSIGNATION D'OFFICE" DE "VOLONTAIRES" POUR UNE MISSION EST UNE EXPRESSION PARFAITE POUR SIGNIFIER QUE LES DÉSIGNÉS N'ONT PAS LE CHOIX. SA VERSION "MIROIR" DECOULE DE CE QUI A ÉTÉ ADOPTÉ POUR L'OUVERTURE DU 7ème JOUR DE LA SEMAINE.

L'édito de Yves Dupré

"Base du volontariat"... Dès qu'elle est prononcée, cette formule révèle une bizarrerie suspecte. Il s'agit bien sûr de sa mise en jeu à propos de l'ouverture des magasins le dimanche. Et de fait, les craintes que nous avions exprimées il y a quelques mois se confirment : ça ne marche de "pas très bien" à "pas du tout". Certes, il y a des avancées concrètes. Mais aussi des blocages dont la seule cause se situe dans cette étape imposée d'un accord signé avec des syndicats dans des proportions établies. Avec à la clé des énigmes très hermétiques pour tout observateur n'ayant pas eu l'occasion de suivre le feuilleton. Exemple : si le BHV Marais (auparavant Rivoli) va bien pouvoir ouvrir le jour du seigneur, il n'en est pas question (pas encore) pour les Grands Magasins (Galeries Lafayette...).

En y réfléchissant bien, cette "base du volontariat" est une formule aussi onctueuse que creuse, surtout utile pour désigner d'office des... non-volontaires. N'aurait-il pas été plus logique de concevoir le volontariat selon ce qu'il ne peut qu'être, une position strictement individuelle ? Peut-on parler de volontariat quand la volonté de l'individu est surpassée par un choix plus ou moins collégial fait par d'autres qui pensent à sa place ? Conséquence, parmi les non-volontaires par procuration syndicale, il y a d'authentiques volontaires dont l'avis compte finalement pour du beurre.

Dans l'hypothèse d'un vrai volontariat, les enseignes auraient pu attribuer des sessions de service à des membres de leurs équipes et, si besoin (pas assez de candidats volontaires par exemple), faire appel à des volontaires venus d'ailleurs (de Pôle Emploi, par exemple...). Il semble que l'on ne mesure pas dans toutes les instances (syndicales, politiques et autres) le nombre de personnes qui rêvent d'arrondir leurs fins de mois. Il y en a dans toutes les catégories de la population, même parmi les seniors, retraités en pleine forme qui trouvent que leur retraite mériterait bien un petit coup de Monsieur Plus.

Une réelle "base de volontariat" se traduirait par une réponse à, comme cela se dit dans une chanson connue, une question limpide : "tu veux ou tu veux pas".

Il convient d'ajouter que la notion de volontariat concernant la nécessité de travailler et de gagner sa vie est une illusion. Pour le dimanche comme pour la semaine. Bien des choses semblent aujourd'hui encore se décider en fonction d'acquis sociaux accordés à des époques lointaines, par des artistes de la promesse qui n'avaient pas mesuré combien et à quelle vitesse le monde se transformerait. C'est certes un sujet beaucoup plus vaste, mais qui n'est pas si éloigné des faits quotidiens auxquels la société est confrontée sans relâche. Dans la circonstance présente, cette "base du volontariat", qui s'exprimerait d'une manière plus juste par "la base du volontariat syndical", est au bout du compte un monumental pied de nez au vrai volontariat, celui de chacun. Comment faire dire à un mot le contraire de ce qu'il est supposé signifier…

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Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré

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