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Objets connectés : bonne piste, mauvaise approche.

ATTENTION DE NE PAS TROP LONGTEMPS PROLONGER L'ACTUEL BROUILLON, LES CLIENTS FINIRONT PAR SONGER À UNE CÉLÈBRE PIÈCE DE SAMUEL BECKETT, SI CE N'EST À UN GAG...

L'édito, par Yves Dupré

(MAJ du 30 mai 2016)

Côté "French Tech", ça va ! On en est toujours à l'inébranlable foi, une sorte d'euphorie divine, sentiment diamétralement opposé à la peur, et tout autant mauvaise conseillère. "Nous sommes français, donc nous sommes les meilleurs, les seuls sans doute à savoir créer du génial et de la plus haute qualité". Une position résultant d'un complexe d'infériorité vieux d'au moins sept décennies, dépit national de ne plus savoir être autrement que par auto-proclamation l'un des "quatre grands" (un podium planétaire qui a depuis bien changé). C'est en partie à cette frustration historique que l'on doit des initiatives devenues des gouffres telles que le paquebot France, le supersonique Concorde ou Honeywell, pour ne parler que des plus médiatiquement symboliques. En EGP, le même syndrome avait aussi, par contagion, produit ses effets passagers comme, au début des années 80, l'envolée pour la hi-fi française, quand l'Hexagone avait soudain réalisé qu'il n'était pas le Japon. Cependant, notre nation à bel et bien d'excellents techniciens et des entreprises très compétentes.

Descendons d'un cran. Au chapitre du connecté, d'un côté ça vole haut, peut-être un peu trop haut par rapport aux réalités. Celles-ci, avec doigté et beaucoup de prudence, sont régulièrement soulignées par les analystes. Tenue la semaine dernière lors du 22ème MedPi qui se tenait à Monaco, une conférence de presse de GfK, suivie d'un communiqué auquel nous avons choisi de vous donner accès (à télécharger ici). Le paneliste prend mille et une précautions de langage pour souligner des faiblesses dans bien des facettes du marché : des produits d'un intérêt parfois discutable, des mises en œuvre à la complexité redoutée par les consommateurs, peu ou pas de démonstrations, des prix élevés et même des images de marque parfois positionnées un peu trop "bobos".

Arrivons désormais au niveau du terrain. Magasins, secteurs, rayons, vendeurs etc. Et là, les langues se délient. Tout d'abord, le sujet pris globalement est une véritable auberge espagnole, océan parsemé d'innovations sérieuses comme de créations dignes du concours Lépine. Mais en tout état de cause, en linéaire, le pragmatisme revient au galop. On ne mélange pas tout, la diététique, le jardin, la domotique, la gestion de l'énergie, les loisirs audiovisuels, les sex-toys, le culinaire... À chaque univers ses objets connectés et leurs applications, voire leurs services. Et avec la prise en compte des apports réels au regard de ce qui existe déjà.

A l'heure présente, il n'y a plus aucun doute à propos d'une vie quotidienne qui va de tous côtés devenir progressivement intégralement connectée ou presque. André Malraux avait supposé que le siècle présent serait spirituel. Non, il sera connecté. Il n'y a pas davantage d'interrogation quant à l'aptitude du "connecté", au sens le plus large, à nourrir un courant d'affaires pour les entreprises de distribution. Plus vite le connecté parviendra à sortir de sa jeunesse turbulente et brouillonne, plus vite l'ensemble des apports de cette technologie passeront du souvent "douteux médiocre" au solide, prometteur et profitable. Nous n'y sommes pas. Les courants d'affaires ne sont encore que du niveaux des plus petits rus du fond de la campagne, les sourires de pros sur le terrain à leur égard sont gentils tout plein, mais révélateurs. Entre un presque flop et trois fois rien. Ce qui est quand même déjà quelque chose...

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Tag(s) : #- Edito par Yves Dupré
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