Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

MUSIQUE GRATUITE : INSCRITE DANS LES MŒURS.

DU CAFÉ-CONCERT AU STREAMING, UNE PÉRIODE EXCEPTIONNELLE S'EST INSTALLÉE ET A VÉCU.

Contrairement aux idées reçues… de l'ère du numérique, écouter de la musique sans payer ne relève pas que d'une mentalité de pirate. Au fil des années, le rapport entre les professionnels de la musique et le public a certes subi des influences, mais il conserve aussi des idées dominantes. L'idée selon laquelle toute personne écoutant quelque chanson ou ritournelle devrait s'acquitter d'une petite rétribution repose sur un fantasme. C'est la période euphorique de la seconde partie du 20ème siècle qui a engendré de telles visions, que l'édition phonographique a érigé en principes dignes du théorème de Thalès.

Après la seconde guerre mondiale, le disque a connu un développement colossal en changeant de vitesse. Du 78 au 45 tours (et au 33 tours dans la foulée), et surtout avec l'arrivée du plastique moulable (le vinyle, dérivé directement de la conquête de l'or noir), la faculté de produire en très grandes quantités des copies d'un enregistrement a ouvert la voie à un marché potentiel colossal. Potentiel seulement, car ces dizaines ou centaines de milliers de galettes noires, encore fallait-il les vendre.

C'est dans ce schéma qu'est entré en scène un complice intéressé (au sens économique du mot), la radio. Ainsi, en France, la fameuse émission "Salut les Copains" d'Europe n°1, (son nom des années 50 et 60) ne fut pas qu'un phénomène de société. C'était aussi un très puissant moyen de promotion purement commerciale pour les disques* dont certains étaient produits par des filiales directes de la station de la rue François Premier. Radio-Luxembourg, à un moment "larguée" dans la très petite galaxie des (3 à 4) stations reçues sur notre territoire, a participé à cette aventure, alors qu'elle se rebaptisait RTL. Puis, le phénomène s'est embrasé avec l'apparition, il y a un peu plus de 30 ans, des radios FM, dites "libres", mais surtout commerciales. L'édition phonographique (que l'on appelle parfois en résumé "les maisons de disques") a surfé (en France comme à l'étranger, sur une vague fantastiquement porteuse jusqu'à l'arrivée, un peu avant l'an 2000, des technologies numériques. Loin de nous l'idée de considérer d'une manière négative la très belle aventure à succès de cette période faste, une sorte "d'économie analogique" qui est parvenue à se hisser à des sommets de réussite.

Mais avant le couple disque + radio, avant les années 50, il y avait déjà de la consommation gratuite de musique pour le public. Celui-ci pouvait par exemple, à la belle saison, se diriger dans les jardins publics où, dans de nombreux kiosques, des orchestres d'amateurs ou de professionnels donnaient des récitals aux charmes inimitables. Il y avait aussi de très nombreux cafés ou brasseries dans lesquels des musiciens exécutaient (parfois hélas au sens "guillotine") des morceaux bien choisis. Il y avait même la radio, celle de grand papa, ou arrière grand papa, que l'on ne copiait pas, faute du moindre équipement pour le faire.

Aujourd'hui, la radio existe toujours, et permet comme au bon vieux temps d'écouter nuit et jour, 24 heures sur 24 pour qui le veut (et le peut) de la musique sans rien débourser. S'il y a moins de kiosques dans les jardins publics, on entend davantage de musique dans les couloirs du métro (parisien notamment). Il reste que l'édition phonographique n'est plus dans la phase euphorique, un bon demi-siècle, moins du fait du piratage des œuvres que sous l'effet d'un changement radical de sa clientèle. L'exercice consistant à vendre à des "distributeurs" comme iTunes et autres plates-formes n'a plus rien de comparable avec celui qui se limitait à alimenter quelques grossistes et centrales d'achat. On ne refait pas le monde, ni son évolution.

*Et aussi pour l'édition de magazines, le mensuel "Salut les copains", fut le point de départ des Editions Philipacchi, (Daniel Philipacchi n'étant rien d'autre que l'animateur de cette émission), puis Hachette – Philipacchi etc.

RETOUR A TOUTES LES INFOS

Tag(s) : #L'info en temps réel
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :