Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

DIMANCHE : UNE CONCEPTION INSOLITE DU VOLONTARIAT… !

Du pouvoir débordant de certaines minorités.

Au moment où de nouvelles zones concernées par l’ouverture dominicale viennent d'être désignées*, le constat est par ailleurs simple : ça bloque. Pourquoi ? Parce que la manière dont est interprétée cette fameuse "base du volontariat" dans la loi Macron est telle qu'elle empêche in fine les volontaires de travailler. Rappelons d'abord que la formule du "travail du dimanche" si souvent en exergue dans les médias devrait s'accompagner du complément "dans le commerce", puisque c'est autour de l'ouverture dominicale des magasins que cette réglementation a été articulée. Le public pourrait croire qu'il s'agit de pouvoir faire travailler tout le monde ce jour particulier.

Pas question en effet de mettre au boulot des "catégories" qui ne se sentent pas concernées. C'est d'ailleurs peut-être dommage. Si tout le monde admet que dans les transports, dans la santé, dans le spectacle, dans la restauration, etc., être à la disposition de tous 7 jours sur 7 est impératif, certains, qui ne sont pas forcément stupides, rêveraient peut-être d'avoir des services publics ou des services pour le public (bureaux de poste, guichets de banques, Etat Civil dans les Mairies, etc.) prêts à les accueillir en ce jour pas comme les autres. En ce qui concerne le commerce, n'en déplaisent à ceux qui considèrent ce domaine selon leurs vœux pieux, l’activité dominicale s'y confond avec la nuit des temps. Les innombrables marchés du dimanche matin, où l'on ne vend pas que de l'alimentaire, en témoignent.

Pour que des établissements puissent ouvrir ce 7ème jour de la semaine, il faut qu'il soit implanté dans une de ces zones (ce qui constitue un véritable pied de nez pour ceux qui ne sont pas dans ces zones, et en particulier juste au-delà de la limite). Second pied de nez à l'égard des individus qui font partie ou non des effectifs des zones considérées : le fractionnement du droit au travail est évident. Et surtout, au-delà des autres contraintes que nous avons déjà évoquées, se glisse cet impératif d'obtenir l'aval des syndicats, dont on voit bien que certains coincent "la machine", pour des raisons multiples, qu'il ne nous appartient pas d'analyser et encore moins de juger, mais qui entraînent dans leur choix des quantités de volontaires. C'est une invention : le volontariat collectif, sur base majoritaire non des effectifs, mais des syndiqués (encartés ou sympathisants).

Rappelons que depuis des années, DVSM a interrogé des quantités de vendeurs, chefs de rayons et autres intervenants dans de nombreuses implantations à propos de ce travail du dimanche. De Plan-de-Campagne au Millénaire d'Aubervilliers, pour ne citer que ces deux lieux symboliques, nous n'avons rencontré que des personnes qui non seulement acceptaient, mais comptaient fermement sur ce travail. Il semble donc qu'il aurait été préférable de demander aux enseignes de n'ouvrir le dimanche qu'avec des collaborateurs (et "trices") ayant signifié leur acceptation du travail dominical. Ceci en permettant même aux enseignes de recruter spécifiquement ce type de volontaires, en leur donnant éventuellement le droit de revenir sur cette acceptation. Ce qui serait sans doute plus efficace, et éviterait d'avoir à composer avec un volontariat accepté ou refusé par d'autres. En outre, on nous pardonnera de considérer qu'en ce qui concerne le travail, la notion de volontariat reste un leurre exquis !

*Cannes, Deauville, Nice et environs (Cagnes, Saint-Laurent du Var), Val d'Europe…

Tag(s) : #L'info en temps réel, #- C'est un avis

Partager cet article

Repost 0