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Les saigner tous (fiscalement), est-ce bien malin ?

Les stars de l'économie numérique dans le collimateur des "fiscalopathes" les plus virulents.

Il y a deux manières d'envisager la fiscalité des entreprises. La première, très répandue dans les instances de nombreuses nations (et tout particulièrement en France, selon une tradition séculaire), repose sur le fantasme d'une unification par delà les frontières. "Il faut harmoniser…!" scandent de nombreuses éminences politiques, non sans une petite dose d'hypocrisie. Cette harmonisation est très utopique tant les différences entre pays sont gigantesques, en tailles, populations, modèles économiques, ressources, etc. Cette vision n'a d'ailleurs pour objectif que de dissuader tous ceux qui lorgneraient sur des niveaux de prélèvements plus compétitifs que les nôtres de les rejoindre en s'appuyant sur un raisonnement digne d'un QI de grenouille : toute migration est inutile puisque l'addition est la même partout. Ce qui, de surcroît, milite pour une progression universelle des prélèvements.

Une autre vision, diamétralement opposée, consiste à limiter les ponctions, incitant des multinationales attentives à opter pour des implantations de sièges là où l'assise est la moins douloureuse. C'est un critère d'attractivité. Mieux vaut des recettes faibles ou raisonnables que pas de recette.

Au cœur des pays évités fiscalement (là et pour qui c'est possible), certains crient au vol, au scandale. De l'infraction pure et simple à l'oubli de tout patriotisme, tous les ingrédients de la honte y passent. En oubliant que ces firmes qui gardent le plus possible de moyens pour développer leurs activités apportent, en dépit de leur "faible" contribution directe, une contribution indirecte colossale dont tout le monde profite, État inclus. Par exemple, le duo Apple et Google, qui est dans le camp des ciblés, a créé et anime la quasi totalité de tout ce qui constitue l'univers smartphones + tablettes. Combien de milliards d'euros entrent dans les caisses de Bercy ne serait-ce qu'en TVA grâce à cet univers, qui génère aussi de l'emploi à profusion et beaucoup d'autres acquis économiques.

Dans l'Hexagone, où la seule création d'une petite PME (Apple, Google, et beaucoup d'autres ont d'abord été des PME) entraîne des prélèvements avant même la réalisation du premier centime de profit et même de CA, la religion consiste à barboter fiscalement tout ce qui dépasse l'équilibre, privant ainsi les dirigeants des moyens moyens nécessaires pour avancer. L'effet constaté est simple : mieux vaut créer une entreprise dans le Kent ou en Californie.

Et à écouter le discours de certains grands prêtres de notre machine à ponctionner, Apple et Google (et -encore- quelques autres) seraient des voyous !

Tag(s) : #L'info en temps réel, #- C'est un avis
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