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Même en TV, tous les bouquets finissent par se faner.

Le concept du bouquet devient un fâcheux pied de nez à toute formule de choix libre, souple et pertinent !

Osons une simulation et imaginons un commerce alimentaire calqué sur le concept du bouquet, initié sur notre sol il y a une trentaine d'années par Canal Satellite. Ainsi, pour ceux qui aiment la viande et les desserts chocolatés, un premier bouquet, "Résistance gastronome" contient du filet de bœuf, du gigot d'agneau, les escalopes de dinde, des steaks hachés, et en exclusivité absolue, du filet mignon de porc, ainsi que des éclairs au chocolat, de la forêt noire et de la mousse au même parfum issu du cacao. Une base pour des repas qui nécessite des accompagnements, que l'on trouve dans le bouquet " Autour du plat", avec de la mayonnaise, de la sauce au soja, du jus de citron en flacon, de la béarnaise, de la sauce Nantua et du beurre blanc nantais. Les enfants préfèrent-ils du ketchup avec leur tranche de bœuf ? Il faut alors jouter l'option "Sauces et saveurs d'ailleurs", avec du… ketchup, de la sauce corsaire, de la bolognaise, du sirop d'érable… Et un quidam qui a envie de s'offrir, une fois, mais pas toute l'année, un homard ou une douzaine d'huîtres ? Il va au restaurant, comme d'autres vont au cinéma !

Ne souriez pas : les propositions TV sont du même principe. Or, le consommateur souhaite accéder à ce qu'il veut, quand il le veut, et rien d'autre. Lui "fourguer" un paquet ficelé de 30 chaînes dont seulement huit l'intéressent vraiment n'est plus une méthode digne de notre époque. Tout comme lui en imposer 15 autres pour deux ou trois de plus qui entreraient dans ses affinités. A l'observation de ce qui se passe outre-Atlantique, il est à prévoir que le libre choix va s'imposer, et même déjà, s'impose, inexorablement. Sur notre sol, le "phénomène" Netflix semble presque faire choux blanc et ne remue guère les médias. Aux US, il bouleverse radicalement la consommation de contenus sur écrans, et contribue à nourrir une puissante vague de désabonnements des formules classiques de TV payante.

Il y a quelques décennies, dans notre PAF soviétiquement verrouillé, l'émergence du bouquet de Canal (puis de celui de TPS) apparaissait comme la seule solution permettant de disposer de quelques dizaines de chaînes, et de sortir des seuls 3 à 5 canaux accessibles au plus grand nombre. Nous n'en sommes plus là. Et l'énergie déployée par le groupe désormais piloté par Bolloré à se verrouiller des contenus (chaînes Disney, Formule 1, si toutefois cette dernière est maintenue dans le futur) semble être une stratégie qualifiable d'adroite pour le très court terme, mais fait trembler pour l'avenir à plus longue échéance, un avenir dans lequel de nombreux acteurs (opérateurs de télécoms et leurs bouquets) semblent avoir du mal à s'immerger avant qu'il ne soit bien tard, trop tard peut-être.

Tag(s) : #L'info en temps réel

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