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Le "made in France" n'est pas, pour le public, un critère de qualité absolu.

Largement mise en avant, la notion de qualité associée à la production nationale est excessive et parfois trompeuse.

Ah ! Nos "strat-up" ! Qu'elles sont vigoureuses, créatrices et performantes ! C'est vrai pour certaines, moins pour d'autres. Pour les produits alimentaires, la provenance du terroir aurait quelque chose de rassurant. De là à extrapoler à tous les domaines une perception de bonne qualité, il y a une grande distance. D'autant plus que les consommateurs sont -peut-être...- moins patriotes et plus pragmatiques qu'une vague communicante aurait tendance à le laisser croire. Par exemple : les acheteurs français de véhicules Audi, BMW ou Mercedes choisissent-ils ces marques parce qu'elles sont allemandes ? A l'évidence, ils optent surtout pour ces productions d'outre-Rhin (et de pays voisins) parce qu'elles sont réputées fiables et qu'elles conservent mieux et plus longtemps une valeur pour une revente éventuelle. Aucun sentiment, c'est seulement du raisonnement froid, aussi qualifié de comportement de "bon père de famille", qui ne gaspille pas l'argent du ménage.

Au fil des décennies, notre bel Hexagone a souvent avoué un complexe d'infériorité face à des acteurs venus d'ailleurs, quand nos propres productions décrochaient ou faisaient un peu trop pâle figure. Il y a plus d'un demi-siècle, toute automobile venue d'Amérique était considérée comme un haut-de-gamme. Il y a 35 ans, quand les magnétoscopes japonais se déversaient dans nos foyers, ultra-dominateurs chez nous comme dans tous les autres pays du monde, la réaction n'a guère tardé : un vent a soufflé, tendant à faire croire à la réalité d'un magnétoscope bleu-blanc-rouge, blocage des produits importés au menu. Quelques temps après, ce fut au tour de la hi-fi de se voir confier la mission d'être aux côtés du béret et de la baguette. La Hi-Fi française prenait sa source sur les rives de l'Allier (sur des chaînes de fabrication japonais rachetées d'occasion).

A l'heure des objets connectés et du numérique, un même syndrome est revenu. Mais aujourd'hui, la production planétaire en matière d'électronique est essentiellement localisée en Asie, non pas pour d'uniques raisons de coût du travail (même si cela compte), mais parce que cette région du monde est devenue celle où tout se réalise : chimie, qui crée les matériaux indispensables à la réalisation des composants, production grâce à un savoir-faire bien installé. Personne n'y échappe.

Inversement, inutile de s'auto-dévaloriser. Tout ce qui est orné d'un sigle français n'est pas obligatoirement moins bon (même si les images de certains produits, comme l'automobile, ne se sont pas cristallisées par hasard). La communication et les capacités offertes aux consommateurs de s'informer font qu'ils jugent par eux-mêmes, plus que jamais. Forcer le trait sur une vision que l'on cherche coûte que coûte à installer, ne serait-ce que par un patriotisme bon enfant, est rarement productive.

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