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EasyJet, Internet, les 20 ans d'un nouveau monde et d'étranges similitudes avec d'autres activités...

Ecrans plats, on-line, destins périlleux de firmes historiques : mais que font ces super-stratèges qui ne voient rien venir ?

Il y a deux décennies, pas davantage, il suffisait à une bonne douzaine de personnes de se regrouper pour voyager en Europe en un avion privé (jet ou bu-turbopropulseur) à un tarif imbattable par rapport aux prix des compagnies régulières. N'était-ce pas un signe, une anomalie dans la politique de ces dernières ? Sans Internet, en 2015, nous replongerions dans un monde qui serait archaïque même pour ceux qui ne sont pas "sans cesse pendus à leur smartphone". Simplifier les structures commerciales grâce à l'avènement d'une possibilité de communication directe entre clients et transporteurs aura été la clé de l'entrée dans ce monde nouveau pour EasyJet, pour les compagnies à bas prix et pour une multitude d'autres activités.

Le monde changeait mais ils ne le voyaient pas !

Force est de constater que dans d'innombrables entreprises en tous genres, pourtant armées de puissantes et savantes équipes de "management", rarissimes ont été celles qui ont vu venir le changement et su réagir à temps, efficacement. L'écrasante majorité a laissé filer de jeunes entrepreneurs qui ont non seulement compris le sens du vent technologique et son corolaire : l'attitude d'une clientèle prête à payer pour un service au plus juste prix, et pour rien d'autre. Ainsi, alors que déjà, chaque matin, se pressait aux comptoirs d'embarquement de tous les aéroports européens une foule d'individus partant travailler à une ou deux heures de leur point d'envol, il est clair que les dirigeants des compagnies historiques n'avaient pas compris que le trajet aérien était désormais une composante de la vie quotidienne, tentant aveuglement de perpétuer un modèle hérité de l'époque où l'avion ne s'adressait, prestige à la clé, qu'aux milliardaires, aux cadres supérieurs et à la jetset.

Alors qu'EasyJet souffle ses 20 premières bougies sur fond de profit et se préparant à de nouvelles offensives, et alors que Ryanair contemple le chemin parcouru en constatant qu'Air France serait une proie financièrement à sa portée, notre compagnie nationale, maintes fois renflouée au frais des contribuables (ce que son personnel au sol ou navigant semble d'ailleurs avoir oublié), tente de se raccrocher aux plus fragiles brindilles du marché.

L'électronique grand public européenne condamnée par son immobilisme et sa courte vue

Pas réellement mieux observée que l'évolution naissante du transport aérien, l'électronique commençait aussi à sérieusement changer de cap il y a 20 ans, dans l'indifférence parfois hautaine et assurément coupable de ses responsables européens (et un peu japonais aussi). Combien de décideurs de l'EGP du Vieux Continent ont-ils pris la peine de se déplacer jusqu'à Genève pour visiter Télécom 95, un salon haut en couleurs (et en dépenses) consacré à une activité dont ils croyaient qu'elle ne les concernait pas, les télécommunications mobiles ? Dommage pour les groupes encore "vivants" à l'époque dans cette activité (Thomson, Philips, Grundig, Siemens, Nokia, notamment, étaient encore dans le monde du téléviseur). Leurs regards n'auraient pas pu manquer la présence, déjà, d'une arrivée d'écrans plats, sous des logos superbement snobés ou ignorés : Samsung, Goldstar (LG), Daewoo, Hyundai..., à l'avenir desquels n'était pas attribuée plus de chances qu'aux firmes japonaises qui s'installaient dans le paysage 15 ans plus tôt.

Quand d'éminents politiques ou d'érudits économistes tentent aujourd'hui de comprendre comment notre industrie a perdu tant d'emplois, la réponse est autant dans une regrettable incompétence que dans les manœuvres de la finance internationale.

Malheureusement, il faut constater qu'au niveau des analyses, la pertinence ne semble pas réellement plus présente qu'il y a deux décennies. Rares (euphémisme) sont en effet les observateurs (vaste genre) qui ont compris que la numérisation apporte une commodité de communication qui, combinée aux outils techniques de plus en plus accessibles, efface pour les consommateurs les passages obligés d'hier. Plus la peine d'aller à un guichet ou dans une agence de voyage pour acheter un billet d'avion vers un n'importe quel point du monde, que notamment EasyJet vend en ligne en quelques minutes. Plus la peine de passer chez le disquaire pour pouvoir écouter le tube du moment. Plus la peine d'aller dans une librairie pour pouvoir lire le livre convoité. Même plus la peine d'acheter le journal pour savoir ce qui se passe dans le monde, de confier sa pellicule au labo photo du coin pour voir ses clichés de vacances, de faire le poireau à une station de taxis dans l'attente d'un hypothétique véhicule... Les exemples sont chaque jours plus nombreux, le tout en sachant à "quel coût" tout cela est accessible.

Demain, il ne sera plus nécessaire de passer par le cabinet du généraliste pour soigner une gastro ou une angine, plus nécessaire de supporter le petit jeu désuet et coûteux des agences immobilières pour acheter ou vendre un pavillon, etc.

D'ici 20 ans, autant de chemin aura probablement été parcouru qu'aujourd'hui depuis le vol inaugural de la célèbre "low-cost" britannique... Qui prévoit quoi ?

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